Alibi

Mme Rachida Dati, politicienne française quasi inamovible, maire du VIIe arrondissement de Paris, ancien garde des sceaux, ancien ministre de la culture, ancien député au Parlement européen, rencontre quelques ennuis avec la justice, qui la soupçonne de s’être rendue coupable de trafic d’influence durant ses mandats d’eurodéputé1.

Comme, à l’heure où je rédige ces lignes, aucune condamnation n’a encore été prononcée, je suppose que, en dépit du bruit qu’a fait la presse autour de cette affaire, Mme Dati bénéficie de la présomption d’innocence.

Je ne nourris aucune animosité particulière à l’égard de cette dame, mais je trouve amusant l’un des arguments qu’elle avance pour démontrer que l’accusation dont elle fait l’objet est sans fondement: elle n’était pas là.

«J’étais peu présente. Je ne vivais pas sur place, je ne dormais pas sur place», argue-t-elle, paraît-il. Il semblerait que cette affirmation soit confirmée «par des membres du Parlement européen qui ont décrit pendant l’information judiciaire une eurodéputée rarement visible et peu impliquée dans les activités parlementaires européennes».

Avis aux électeurs d’ici et d’ailleurs: l’absentéisme de certains députés ne relève pas de la négligence, de la paresse ou de raisons indépendantes de leur volonté. Il n’est rien d’autre qu’une élémentaire mesure de protection contre d’éventuelles accusations calomnieuses.

M. P.

 

1 Rachida Dati: accusée de corruption, elle plaide son absence à Bruxelles - 20 minutes.

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