Départ

Le conseiller fédéral vaudois Guy Parmelin, président de la Confédération et chef du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche, quittera le Gouvernement helvétique le 31 décembre 2026 et non au moment des élections fédérales de décembre 2027 comme l’eût voulu la logique.

M. Parmelin explique, en substance, que nul n’est indispensable, que le feu sacré s’amenuise avec le temps, que la fatigue se fait sentir, qu’il faut penser un peu à Mme Parmelin et qu’il convient de laisser la place à des forces nouvelles.

Tout cela est exact, mais je ne puis m’empêcher de penser qu’une autre raison vient s’ajouter à cette énumération: l’année prochaine, les citoyens suisses devront se prononcer sur le paquet d’accords hautement controversé que le président de la Confédération a signé le 2 mars 2026, au nom du Conseil fédéral, avec Mme Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

M. Parmelin est membre de l’Union démocratique du centre, qui est vent debout contre ce qu’on appelle, dans l’espoir de ne pas effaroucher le bon peuple, les Bilatérales III. C’est aussi, autant qu’on sache, un homme de bon sens. Il n’est donc pas impossible que, à titre personnel, il soit lui aussi opposé à ce que la Suisse se mette à la remorque de l’Union européenne.

Or, il est bien connu que lors des votations, les conseillers fédéraux ont la fâcheuse habitude de faire campagne au lieu de rester neutres comme ils le devraient – le Conseil des Etats s’est penché sur ce problème durant la session d’automne des Chambres fédérales et le Conseil national devrait en débattre durant la session de décembre, mais il n’est, pour l’instant, nullement certain que nos «sages» se tiendront tranquilles le moment venu.

Comme le fait remarquer M. Olivier Delacrétaz dans La Nation, «le conseiller fédéral qui serait en désaccord avec le reste de ses collègues à propos de telles questions et se sentirait en conscience – ou par discipline de parti – tenu de l’exprimer devrait examiner la possibilité d’une démission»1.

On ne saurait donc exclure que M. Parmelin, désireux de ne pas rompre la collégialité, qui oblige le Gouvernement à parler d’une seule voix, mais peu soucieux de s’exprimer contre ses propres convictions, ait choisi de quitter le Conseil fédéral avant l’heure, afin de retrouver sa liberté d’opinion dès le 1er janvier 2027 sans se montrer déloyal.

Qui le blâmerait d’avoir une conscience?

Mariette Paschoud

 

1 La Nation: édition n° 2316 - Ligue vaudoise.

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