Chaud devant
Nous avons eu un été chaud. Certains en ont profité; d’autres en ont souffert. Pour les pompiers qui ont lutté contre des feux de forêt et pour les personnes qui ont perdu leur logement, le bilan est terrible. Mais pour les élites politiques, médiatiques et scientifiques, c’est la jubilation.
Jubilation, car on a connu des périodes où la météo n’aidait pas à maintenir les masses dociles dans l’angoisse climatique. Mais là, maintenant, c’est bon: la contestation est ramollie, les climatosceptiques sont K.O. et plus personne n’ose tenir tête aux prophètes du Malheur.
Jubilation, car toutes les conditions sont réunies pour pouvoir continuer à gouverner par la peur. Il y a six ans, les lobbys écologistes avaient habilement profité de la peur du Covid pour faire disparaître d’innombrables places de parc et apparaître des kilomètres de boulevards cyclables, sans que personne ne lève le petit doigt. Aujourd’hui, il leur suffit de brandir les cartes écarlates de la météo estivale et les statistiques fantasmagoriques des morts attribuées à la chaleur pour revendiquer de nouveaux plans climat rédempteurs, féroces et liberticides. La population, entretenue dans un état de sidération, laissera faire.
En finir avec la science
Les forces de résistance ne sont pas toujours très enthousiasmantes. Face au déluge de données, de calculs et de théories apocalyptiques invoqués par une intelligentsia scientifique qui rêve de réduire l’être humain au rang de végétal, ceux qui ont le courage de prendre le contre-pied le font souvent à grand renfort d’autres données, d’autres calculs et d’autres théories – dont on n’est jamais certain qu’ils soient vraiment plus justes et plus objectifs. Les anti-système ont la fâcheuse habitude de se battre avec les mêmes armes que le système, en brandissant la science. Or nous sommes fatigués de toute cette science. Moins de science, plus de vie!
Car la science n’est pas neutre. Enfin, la science l’est peut-être, mais pas les scientifiques. Les scientifiques sont – presque – toujours des militants, qui défendent des causes et qui se servent de la science pour défendre des causes, à commencer par les causes qui ne laissent que peu de place à la liberté individuelle. Les régimes politiques totalitaires du siècle passé prétendaient volontiers se fonder sur la science, et ils ont pu compter sur de solides soutiens parmi le monde scientifique. On n’a donc aucune envie de faire confiance à la science. Même lorsqu’elle nous démontre que l’eau est mouillée, on préfère ne pas la croire sur parole.
Se faire une opinion par soi-même
Cela implique qu’on ne peut guère compter que sur soi-même pour se faire une opinion sur la réalité du réchauffement climatique. Compter sur soi-même ne signifie pas sur nos réseaux sociaux préférés. Au contraire, se faire une opinion par soi-même implique de confronter les climatosceptiques aux climatohystériques, en se souvenant que ceux qui pensent comme nous peuvent parfois se tromper (ou nous tromper), et que ceux qui pensent toujours faux peuvent (très exceptionnellement) avoir raison. Se faire une opinion par soi-même nécessite de faire travailler son intelligence, son sens critique. Mais cela reste forcément subjectif. On a connu cette année un été bigrement chaud, mais en même temps on se souvient d’autres étés chauds dans notre jeunesse; et on apprend, par de vieux films ou de vieilles archives, qu’il y en a eu d’autres bien avant. Alors que croire? On finit par être sûr qu’on ne peut être sûr de rien, et que la probabilité que le réchauffement soit réel est à peu près égale à la probabilité qu’il ne le soit pas – chacun plaçant le curseur à gauche ou à droite du 50%, selon ses perceptions et ses expériences. Pourtant nous entendons des gens de la montagne parler du recul des glaciers; ces gens-là ne sont pas des scientifiques, ils n’ont a priori aucun intérêt à tricher avec nous; alors on est prêt à les croire. Même s’il nous en coûte (énormément) de l’admettre, nous ne pouvons pas absolument exclure que le climat connaisse actuellement une phase de réchauffement.
Mais ce dont on est absolument certain, c’est que ce n’est pas une raison pour refuser aux individus le droit de vivre librement, de se déplacer librement, de manger librement; que ce n’est pas une raison pour les contraindre à une repentance perpétuelle pour des péchés opportunément façonnés par le clergé de la modernité occidentale; que ce n’est pas une raison non plus pour prêcher la décroissance et le collectivisme; et que ce n’est pas une raison pour asséner sans cesse avec hargne que l’homme est responsable de tous les maux de la Terre.
Pollux
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