Assez de sottises!

N’ayant rien de plus intelligent ni de plus urgent à faire, l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) «a chargé la Haute école spécialisée de Suisse orientale (OST) d’élaborer, en collaboration avec l’agence experte en politique et communication polsan, un guide sur la participation des enfants et des jeunes au sein de l’administration fédérale»1.

Les braves dames chargées de présenter dans Sécurité sociale CHSS, journal en ligne de l’OFAS, cette innovation indispensable au bon fonctionnement de l’administration fédérale, qui s’en trouvera certainement modernisée, assouplie et allégée, notent entre autres choses – il y en a toute une tartine – que l’OFAS «contribue ainsi à la mise en œuvre de la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant et du droit à la participation qui y est inscrit», étant entendu que «les enfants et les jeunes doivent avoir l’opportunité (sic) de façonner leur cadre de vie à l’échelon national» – pourquoi pas à l’échelon cantonal ou communal? –, que «leur sentiment de confiance en soi et d’efficacité personnelle s’en trouvera renforcé, de même que leur sens de la démocratie» et que «le guide repose sur l’hypothèse que les enfants et les jeunes souhaitent s’exprimer, tant sur les sujets qui les concernent aujourd’hui que sur ceux qui les toucheront à l’avenir». 

Question: qui sont ces enfants et ces jeunes? Tout ce qu’on sait d’eux, c’est qu’ils peuvent constituer des groupes cibles. Comme il est peu probable qu’il s’agisse de nourrissons, on supposera qu’il s’agit d’enfants et d’adolescents en âge de scolarité ou d’apprentissage.

Quatre affirmations, quatre sottises – il y en a d’autres, bien sûr.

La Convention relative aux droits de l’enfant étant entrée en vigueur le 2 septembre 1990, il y a trente-six ans donc, est-il vraiment urgent de contribuer à la mettre en œuvre de manière aussi insensée?

Pourquoi les enfants et les jeunes devraient-ils avoir la possibilité de façonner leur cadre de vie à l’échelon national? Leur cadre de vie n’est-il pas celui que leur offrent, sauf exception, leurs parents, leur famille, leurs amis, leur école, leur quartier, leur ville ou leur village? Ne pourrait-on les laisser grandir en paix?

Ce cadre de vie adapté à leur âge et à leur développement n’est-il pas le plus propre à leur donner confiance en eux-mêmes? N’auront-ils pas tout le temps de rendre un culte à la déesse Démocratie à partir de leur majorité?

Enfin, d’où sort l’hypothèse que les enfants et les jeunes souhaitent s’exprimer, tant sur les sujets qui les concernent aujourd’hui que sur ceux qui les toucheront à l’avenir? Je n’ai rien constaté de tel chez les enfants et les adolescents de mon entourage, qui s’intéressent bien davantage à leur ego, à leurs copains et à leur téléphone qu’à leur éventuelle participation aux travaux de l’administration fédérale.

Il serait opportun que la Confédération, déjà trop dépensière, cesse de dilapider l’argent des contribuables pour de pareilles âneries.

M. P.

 

1 https://sozialesicherheit.ch/fr/participation-accrue-des-enfants-et-des-jeunes-au-niveau-federal-guide-pratique.

Thèmes associés: Jeunesse - Politique fédérale

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