Solidarité fédérale

C’est fait: les Chambres fédérales ont accepté le mardi 10 mars la «contribution de solidarité» de 50'000 francs, destinée aux victimes de la catastrophe de Crans-Montana et à leurs proches, préconisée par le Conseil fédéral.

Comme je suis foncièrement vilaine, je me pose diverses questions.

Pour commencer, je m’interroge sur le montant de cette contribution. Pourquoi 50'000 francs par victime ou famille de victimes? Sur la base de quels critères cette somme a-t-elle été fixée?

Ensuite, j’aimerais comprendre pourquoi toutes les personnes et proches affectés recevront cette somme. Il est en effet notoire que la station de Crans-Montana accueille principalement des gens favorisés par la fortune. On y rencontre, aux tables des restaurants, sur les tabourets des bars et dans les boîtes de nuit, peu de gens vivant dans la précarité. Toutefois, les revenus et fortunes des «nantis» peuvent varier considérablement, de sorte que 50'000 francs représenteront peut-être des clopinettes pour un millionnaire, mais une somme importante pour un membre de la classe moyenne supérieure – les autres sont voués au service ou à la cuisine.

D’autre part, pourquoi l’ensemble des contribuables suisses devraient-ils se sentir solidaires de familles qui ne leur sont rien, qui possèdent des assurances et des moyens propres à couvrir les coûts du désastre, sans parler des indemnités auxquelles elles auront droit une fois l’écheveau des responsabilités démêlé par la justice?

De quoi se mêle la Confédération, qui ne porte aucune responsabilité dans la tragédie et se permet de puiser dans la caisse pour une opération démagogique?

Pourquoi seules les victimes directes ou indirectes de l’incendie du Constellation sont-elles concernées? Celles du car postal de Chiètres auront-elles droit à la même sollicitude? Et qu’en est-il des nombreuses victimes de tragédies qui n’intéressent ni les médias ni LL. EE. de Berne?

Cette façon d’agir me rappelle le traitement de faveur accordé aux morts du Covid en 2020. Ils eurent droit à une journée d’hommage avec sonneries de cloches dans toute la Suisse et bougies sur la Place fédérale, alors que les personnes décédées bêtement d’un cancer, d’un infarctus ou de quelque autre mal non covidien entraient dans la catégorie des morts sans intérêt.

Honnie soit la Berne fédérale!

Mariette Paschoud

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Politique fédérale

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