Editorial
En ce 8 mars, où je rédige cet éditorial, non seulement nous votons, mais c’est aussi la journée internationale des femmes. L’occasion pour moi de faire l’éloge de l’inégalité des sexes.
Pour couper court aux cris d’orfraies que j’entends déjà en provenance du féminisme radical, loin de moi l’idée de remettre en cause l’égalité des droits des individus, ni l’égalité de traitement dans le monde du travail. Tout un chacun doit avoir la possibilité d’aspirer à la vie qui lui permettra de se réaliser pleinement. Vive l’homme au foyer et la femme maçonne!
Néanmoins, il me semble aussi judicieux de souligner que, lorsqu’on parle de sexe opposé, le terme n’est pas anodin. L’homme et la femme de tout temps se sont complétés, assumant des tâches souvent différentes, répartissant ainsi l’effort de façon à optimiser l’efficacité. C’est un principe économique basique que, lorsque chacun fait ce pour quoi il est le plus apte, l’équipe obtient de meilleurs résultats. Même dans les couples très égalitaires où les deux conjoints travaillent et où les tâches domestiques son équitablement réparties, la femme attend de son partenaire qu’il la protège et qu’il subvienne aux besoins essentiels de la famille. Et l’homme, pour sa part, espère recevoir la reconnaissance de son rôle de pilier sur lequel repose la famille. Pour illustrer cette différence, il suffit de penser à la perception que la société a d’un homme au chômage par rapport à une femme dans la même situation. L’homme sans emploi est perçu comme inutile, un poids pour ses proches et pour la collectivité. C’est une des causes probables qui expliquent que trois suicides sur quatre concernent des hommes.
La grande question est de savoir s’il faut changer cet état de fait ou simplement l’admettre et agir en conséquence. Pourquoi donc le féminisme a-t-il dérivé de la conquête des droits essentiels à une compétition malsaine? En quoi devenir l’égale de l’homme serait-il une position enviable pour la femme? Faut-il des quotas de femmes dans les métiers du bâtiment et du génie civil, dans les armées en guerre, sur les plateformes pétrolières et dans les mines de sel? La victoire du féminisme passe-t-elle nécessairement par la défaite de la masculinité, qualifiée de toxique?
Si l’on va au-delà de la polarisation masculin-féminin, et que l’on se penche sur la question des individus en général, on doit constater que, là non plus, l’égalité n’existe pas. On en trouve des plus ou moins beaux, des plus ou moins intelligents, des plus ou moins habiles, etc. Essayer de changer cela revient à nier la réalité. La sagesse voudrait que l’on accepte une situation et que l’on en tire le meilleur parti. Nous sommes tous différents, très bien. L’objectif commun de la société devrait être de permettre à chacun de trouver une voie dans laquelle il puisse développer son potentiel au maximum. De la gamine nulle en français mais au don artistique hors du commun à l’autiste génial en math mais incapable de faire cuire un œuf, de l’entrepreneur visionnaire à l’employé administratif efficace, les voies du succès sont multiples et le système de formation pourrait être plus à même détecter et nourrir le talent. Des individus qui se réalisent dans leurs activités quotidiennes et reçoivent la reconnaissance de leur valeur sont plus enclins à être heureux et équilibrés.
Mesdames, vous êtes merveilleuses, rappelez-vous que vos conjoints le sont aussi, et dites-le-leur.
Michel Paschoud
Thèmes associés: Egalité, discriminations - Société
Cet article a été vu 78 fois