Editorial
La capture de Nicolas Maduro en pleine nuit par les forces spéciales américaines a pris tout le monde de court, le dictateur Maduro le premier. Combien de vidéos a-t-on pu voir à la suite de l’opération, sur lesquelles l’ex-président vénézuélien provoquait Donald Trump, le traitant de couard et le défiant de venir le chercher? Une mauvaise idée a posteriori: le président américain semble vouloir faire ce qu’il promet et il se moque éperdument des cris d’orfraie que poussent tous ses détracteurs.
L’arrestation de Maduro a été orchestrée de main de maître, rigoureusement préparée et exécutée, faisant certes des dommages collatéraux, mais en nombre limité. Immédiatement, la diaspora vénézuélienne a laissé éclater sa joie à la nouvelle de la chute du dictateur et manifesté l’espoir d’un changement de régime sous la tutelle des Etats-Unis.
Mais le peuple vénézuélien semble être le seul qui célèbre l’événement. Les gouvernements européens froncent les sourcils. Le droit international a été sauvagement violé, c’est intolérable. Donald Trump ne semble décidemment pas vouloir entrer dans le rang, ça ne va pas du tout. Vite, l’ONU doit adopter une résolution qui condamne la violation de la souveraineté nationale du Vénézuéla.
Pendant ce temps, le locataire de la Maison-Blanche rigole, avertit les autres narcodictateurs que leur tour viendra et semble ne pas s’émouvoir outre mesure des manifestations organisées par la gauche en Europe, qui dénonce le véritable projet de l’infâme Trump: s’emparer du pétrole vénézuélien. «Oui, vous ne le saviez pas mon bon monsieur, mais… Comment, vous le saviez? Donald l’a annoncé dès le lendemain de l’opération? Il va faire investir des milliards au Vénézuéla par les grandes compagnies pétrolières? Et vous voulez dire que cela donnera des retombées économiques positives pour les habitants? Oui mais ça sera surtout bénéfique pour les USA et ça c’est insupportable…»
Heureusement, en Suisse, nous avons Lisa Mazzone, la présidente des Verts, qui a tout compris. Trump n’a qu’à bien se tenir. Cette sotte bonne femme préconise qu’en représailles à la capture de Maduro, le président Trump soit déclaré persona non grata au Forum de Davos. Je suis toujours estomaqué de voir à quel point les gauchistes sont persuadés de détenir la vérité sur tout, et pensent être à même de désigner les bons et les méchants. C’est faire preuve d’un incroyable manque de recul, qui les mène systématiquement à des contradictions inextricables. L’autoritarisme de Trump, c’est mal; la dictature de Maduro, de gauche, c’est bien. Le président argentin Javier Milei, ultralibéral, qui sort son pays de la misère, mal; les terroristes du Hamas, bien, mais l’antisémitisme, mal, mais l’Etat d’Israel, mal aussi, les riches, mal, mais les impôts, bien… On pourrait continuer durant des heures.
Le monde est complexe, la chute du dictateur Maduro est une bonne chose et il est probable qu’une transition sous l’égide du président yankee sera beaucoup moins sanglante qu’une révolution. Le bien et le mal n’ont pas grand-chose à faire en politique. L’essentiel devrait être de créer les conditions adéquates à l’épanouissement des individus et à la création de richesse. Mais comme l’essentiel est généralement de se maintenir au pouvoir et que les plus démunis votent à gauche, devinez qui a intérêt à ce que nous soyons tous égaux dans la misère?
Michel Paschoud
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