Lausanne 38e année      «ne pas subir»      Septembre  2008 No 377

 

 

Sommaire :

 

Editorial

L’éditorialiste rigole : pendant des décennies, les professeurs ont pu endoctriner les élèves et leur imposer leurs visions gauchistes de la société, sans que personne ne s’en émeuve. Mais si aujourd’hui des maîtres manifestent leur scepticisme à l’endroit des théories de Darwin… Scandale !

 

On nous dit tout, mais pas sur tout

Pollux observe que la presse romande se montre très peu curieuse sur certains sujets…

 

Ne dites pas…

La chronique habituelle du pinailleur

 

En direct de Sirius

Max a passé ses dernières vacances en Absurdistan, au Pratikstan et en Asservistan. Il nous fait bénéficier de son carnet de voyage

 

Au courrier

Ancienne représentante d’un parti de droite au Conseil municipal d’une commune genevoise, dame M.B. nous dévoile comment s’y traitaient les demandes de naturalisation.

 

Bricoles

Où il est question de fouille (au corps) et de concours de beauté

 

Appel à la conscience

Michel de Preux observe qu’un médecin, qu’un notaire, qu’un avocat sont pénalement responsables en cas de faute grave, mais un juge : jamais.

 

L’Affaire Siné

Claude Paschoud dévoile pourquoi les impertinences de Siné, cette fois, ont franchi la ligne blanche

 

Hommage

Notre ancien collaborateur Giuseppe Patanè, est décédé

 

Un bel été

Quelques nouvelles glanées dans 24 heures de cet été

 

Lettre ouverte…

Youki a droit au calme, depuis le 1er septembre, et le fait savoir

 

Les nouvelles aventures…

Petite chronique révisionniste

 

 

Editorial

 

 

         «Les créationnistes draguent à l’école», «Des profs romands n’hésitent plus à faire part de leurs croyances». C’est en ces termes  que le Matin Bleu du vendredi 4 juillet «tirait la sonnette d’alarme». Pensez donc: des professeurs de tendance créationniste – qui croient donc, pour simplifier, que le monde fut créé conformément aux récits de la Genèse, et rejettent la théorie de l’évolution de Darwin – se sont permis d’exposer leur croyance en classe. Aussitôt, toutes les bonnes âmes conformistes expriment leur inquiétude. Le «pasteur modéré» Antoine Reymond fait état de parents qui se sont émus;  Jacques Daniélou, président de la Société pédagogique vaudoise, espère que le mélange entre religion et science autour des origines du monde ne va pas durer; Anne-Catherine Lyon, chef du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture sait que l’influence des fondamentalistes se fait sentir en classe mais ignorait, en toute logique, que des professeurs en faisaient la promotion auprès des élèves. Quant aux évangéliques, ils sont partagés non pas sur la question du créationnisme, mais sur l’opportunité de faire état de leur foi à l’école.

 

         Depuis que les cours d’histoire biblique sont en voie de disparition, il n’y a en somme pas de raison de parler religion à l’école, la religion étant avant tout affaire de famille ou de communauté. L’école devrait se contenter d’apporter les connaissances essentielles en écriture, lecture et calcul, puis, plus tard, dans les branches qui forment le bagage des écoliers, apprentis et gymnasiens, en dehors de toute idéologie politique ou religieuse.

 

         Si l’on s’en tenait à cette manière de faire, si tous les enseignants avaient ordre de transmettre leurs connaissances en s’abstenant de toute référence à des convictions personnelles, les potaches gagneraient beaucoup de temps; les parents n’auraient pas besoin de se faire raconter ce qui se dit en classe afin de pouvoir «rectifier le tir» en fonction de leur milieu et des croyances qu’ils souhaitent inculquer à leurs enfants; les enfants ne seraient pas tiraillés entre ce que leur enseignent leurs parents et ce que leur racontent certains de leurs professeurs.

 

         Malheureusement, ce n’est pas ainsi que les choses se passent. Les enseignants ne sont plus censés transmettre sans fioritures les savoirs nécessaires. Ils doivent amener leurs élèves à l’ouverture et à la découverte, ce qui nécessite beaucoup de discours dans lesquels transparaissent forcément leurs convictions personnelles. La chose ne date pas d’hier, d’ailleurs.

 

         Jusqu’ici peu de gens s’émouvaient de cet état de fait, car les idées exprimées étaient des idées de gauche. A l’époque bénie de l’URSS, certains maîtres n’hésitaient pas à expliquer à leurs élèves les beautés du marxisme. Aujourd’hui, leurs émules dénigrent Christoph Blocher et l’UDC en classe; d’autres disent à leurs élèves si le peuple a bien voté ou non; tel professeur d’instruction civique – pardon, de citoyenneté – autorise les écoliers à définir la droite et la gauche de manière caricaturalement manichéenne – ce qui n’est pas au bénéfice de la droite, vous vous en doutez. Cela ne soulève aucun émoi chez les «pasteurs modérés», à la Société pédagogique vaudoise ou au Département de la formation, de la jeunesse et de la culture. Mais que la science darwinienne, explication indiscutable des origines du monde, se trouve confrontée à l’obscurantiste croyance créationniste, c’est intolérable, c’est scandaleux !

 

         Peut-être serait-il opportun de brûler toutes les Bibles en circulation dans ce canton, avant d’étendre au monde cette mesure de salubrité publique. On en garderait juste quelques-unes exclusivement destinées aux «pasteurs modérés» et aux pédagogues de pointe, dont la perfection est l’expression ultime de l’évolutionnisme darwinien.

 

Le Pamphlet

 

 

 

On nous dit tout, mais pas sur tout

 

Chaque jour, la presse nous apporte son lot de pseudo-révélations fracassantes sur l’«affaire Nef» ou l’«affaire Schmid». Cela n’intéresse plus personne, on sait déjà tout, il n’y a plus rien à découvrir, et pourtant les journaux continuent de mettre à jour des faits prétendument sensationnels: «M. Schmid a prétendu que c’était le 21 septembre, or c’était le 22», «On a cru que M. Nef avait écrit sur un papier bleu, en réalité c’était un papier vert», etc. C’est passionnant.

On se demande donc pourquoi des journalistes aussi férus d’enquêtes spectaculaires ont été si discrets, voire si muets, après la libération de Mme Ingrid Betancourt, sur les liens étonnants entre la Suisse et la guérilla marxiste de Colombie, sur le rôle trouble joué par un émissaire plus ou moins officiel de la diplomatie helvétique, ou encore sur les activités de certaines organisations d’extrême-gauche en rapport avec cette affaire.

Il y aurait pourtant eu de nombreuses questions intéressantes à se poser. Comment se fait-il que la Suisse, contrairement à beaucoup d’autres pays, ne considère pas la guérilla des FARC comme une organisation terroriste, mais comme une «partie belligérante» au même titre que le gouvernement officiel? Comment expliquer que le département de Mme Calmy-Rey ait joué un rôle d’intermédiaire complaisant auprès des FARC, déjà avant l’enlèvement de Mme Betancourt? Comment en est-on arrivé à choisir pour ces missions le dénommé Jean-Pierre Gontard, professeur aux sympathies communistes suspectes sinon avérées? Pourquoi la Suisse a-t-elle toléré sur son territoire les activités de «représentation» d’un proche des FARC, qui nouait ici même des contacts avec d’autres organisations terroristes? Pourquoi notre Département des affaires étrangères se présente-t-il comme un des rouages de la libération d’Ingrid Betancourt, alors que des observateurs colombiens affirment au contraire que le rôle ambigu de la Suisse a plutôt prolongé la détention des otages?

De tout cela, seul l’hebdomadaire alémanique Die Weltwoche, qui s’affiche sans complexe dans la mouvance de l’UDC, a parlé. Les articles publiés sur ce sujet – dont certains en français et en anglais – figurent sur le site internet www.weltwoche.ch, à la rubrique Dossiers; les quelques éléments mentionnés plus haut en sont tirés. La presse romande, si friande de recopiage réciproque, ne s’en est guère inspirée et s’est sagement contentée de reproduire les déclarations officielles émanant du département de Mme Calmy-Rey.

Ce dossier n’est évidemment qu’un exemple parmi d’autres de la grande sélectivité des journalistes dans le choix de leurs investigations. On pourrait le leur resservir à chaque fois qu’ils se complaisent à vanter leur rôle indispensable dans le «décryptage» de l’actualité.

 

Pollux

 

 

Ne dites pas…

 

            Ne dites pas «La Rue Pichard de Lausanne est une zone piétonne. C’est là où on a pu voir le conseiller d’Etat écologiste François Marthaler se déplacer à vélo dans la matinée du 26 juin.» Dites: «La rue Pichard de Lausanne est une zone piétonne. C’est là qu’on a pu voir le conseiller d’Etat écologiste François Marthaler se déplacer à vélo le 26 juin.»

 

         Le pinailleur

 

 

 

En direct de Sirius

 

Devoir de vacances : exprimez ce qui vous a frappé dans les pays que vous avez visités.

 

         Cet été, nous avons eu l’occasion de parcourir les provinces de l’Union européenne qui entretiennent des frontières communes avec la Suisse; soit, en partant du nord et dans le sens des aiguilles d’une montre: l’Absurdistan supérieur, l’Absurdistan inférieur, le Pratikstan et l’Asservistan (nous avons remis à plus tard la visite de la Principauté du Liechtenstein).

 

         Toutes ces provinces connaissent une monnaie unique appelée euro, ce qui facilite beaucoup les transactions et a aussi permis de faire passer comme une fleur une inflation sournoise avoisinant les trente-cinq pour cent la première année de son introduction.

 

         L’Absurdistan1 supérieur et l’Absurdistan inférieur sont ce qui reste d’anciens empires jadis évolués et puissants, brièvement unis en 1938 en vertu de la volonté de leurs peuples respectifs en un seul grand empire, pour finir matraqués et démantelés par décision souveraine et unilatérale des vainqueurs de la seconde guerre mondiale. Il y a peu à dire sur ces deux provinces, si ce n’est que leurs peuples commencent seulement à comprendre  qu’ils sont les «bénéficiaires» de manifestations de volontés étrangères… et qu’à la suite d’un armistice conclu en 1945, ils sont toujours en état de guerre; soumis à des structures gouvernementales qui leur ont été imposées de l’extérieur. C’est peut-être pour cela que ce sont les seuls peuples du monde qui ne rendent pas hommage à ceux des leurs qui sont morts pour les défendre, poursuivent et bâillonnent leurs patriotes, et s’accablent à l’envi et sans le moindre discernement de tout ce que leurs ennemis leur reprochent. Le national-masochisme leur tient lieu de patriotisme. Particularité linguistique: l’Absurdistan supérieur est une province bilingue : on y parle l’allemand et le turc.

 

         Le Pratikstan, à notre frontière sud, a ceci de particulier qu’il est gouverné pour la seconde fois par un individu au bénéfice, depuis sa réélection, d’une auto-immunité pénale. Ce procédé, pour être d’usage courant en des pays réputés moins évolués et exotiques, constitue un fait juridique nouveau dans les annales occidentales. Toujours industrieux et rompus aux changements de régimes fréquents ainsi qu’aux combinaisons les plus étranges, les Pratikstanais ont absorbé la nouvelle avec une équanimité de bon aloi pour les repris de justesse d’autres pays acquis aux valeurs égalitaires universelles.

 

         L’Asservistan est sans doute la région qui a connu l’évolution la plus marquée. Celle qui, avant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, pouvait se parer du titre de «fille aînée de l’Eglise» prend peu à peu des allures de fatma2. Depuis que les curés sont descendus de chaire, les muezzins montent aux minarets. Le peuple, qui comptait parmi les plus spirituels du monde, s’est mué en une tourbe multiculturelle, maussade et plutôt sombre, au milieu de laquelle on peut parfois cependant distinguer quelque famille isolée de leucodermes blonds aux yeux bleus, dont on découvre hélas souvent qu’il s’agissait en fait de touristes finlandais. Au gré des délocalisations, fatigués des impôts, las des ponctions sociales, les grands capitaines d’industrie font place à de simples prestataires de services, qui se satisfont de pourboires avec la même aisance que certains, plus bas, d’aumônes. Au prix fort, les autochtones cèdent le terrain à des nouveaux riches très riches, tout droit venus de l’Est, sans bien se rendre compte qu’ils deviennent locataires des terres de leurs pères. Ces anciens conquérants s’habituent à la condition servile avec une étonnante facilité. Au prix où est le beurre, ces fines gueules de naguère se satisfont de salades-sandwiches, s’engraissent de malbouffe et lèchent des vitrines où se gobergent, aux tables des piffres de la mondialisation, ceux des leurs qui les vendent à bon marché. Mais ils se consolent au gré des fêtes imposées, parce qu’on les dit festifs et conviviaux; qu’on leur montre à la télé, entre deux matchs de foot, à l’autre bout du monde, de bien plus malheureux qu’eux ; et qu’on les fait rêver aux lendemains qui chantent.

Pendant ce temps, à l’instar de son suzerain et modèle états-unien, un président ostentatoire aux velléités d’autocrate, sautillant en talonnettes ou tout courant en chaussures de sport, confirme à ces amateurs de valeurs démocratiques que désormais n’importe qui peut accéder aux plus hautes fonctions du pays.

 

N.B.: ces quatre provinces sont des démocraties. Trois d’entre elles entretiennent des contingents armés en Afghanistan, pays agressif, sauvage et menaçant situé quasiment à leurs portes… après quelques cinq mille kilomètres de no man’s land.

 

Deux extrêmes de la logique ploutocratique

 

         Des hautes sphères d’une grande multinationale3 aux bas-fonds napolitains, pour la plus grande gloire du Profit, on découvre la même logique d’exploitation éhontée du «bétail» humain, par le biais de ses dépendances et de ses besoins, assortie de procédés de confidentialité point très différents d’un extrême à l’autre. Nous recommandons de voir « Le Monde selon Monsanto »4 et « Gomorra »5 à ceux qui veulent se faire une petite idée de ce qui se trame aux derniers étages des tours de verre sans tain ou dans les arrière-boutiques de la fange biologique.

 

Question impertinente à l’endroit de Monsieur Samuel Schmid (félon à l’UDC)

 

         Est-il décent que ce personnage falot aux allures de nain de jardin bardé de gorilles, ce fossoyeur de notre politique de neutralité, ce grand coureur d’obsèques militaires, qui ne dispose que d’une représentativité populaire insignifiante, demeure à la tête de notre défense et au gouvernement tout court?

 

 

Max l’Impertinent

 

 

1 Nos remerciements pour cette appellation vont au détenu (pour délits d’opinion) Germar Rudolf.

2 La religion musulmane est la seconde du pays; chose que n’avaient certainement pas prévue les zélateurs initiaux de la laïcisation.

3 Dont les maîtres, pour faire taire les gêneurs, usent de méthodes étrangement identiques à celles appliquées aux révisionnistes.

4 DVD © 2007 ARTE France – Image et Compagnie – Productions Thalie – Office national du film du Canada – WDR ou DVD © 2008 ARTE France Développement EDV 236.

5 Film de Matteo Garrone basé sur le livre du journaliste Roberto Saviano (Attention! Film violent et sans complaisance; âmes sensibles, s’abstenir).

 

 

 

Au courrier

 

 

Naturalisations abusives

 

         De 1983 à 1987, j’ai représenté l’Action Nationale (actuellement Démocrates Suisses) au Conseil municipal de la commune genevoise où j’habitais alors. Moyennant trois lettres «tous ménages», j’ai dénoncé à l’époque les préavis favorables donnés à des candidats à la naturalisation dotés d’un casier judiciaire lourdement chargé: vols, lésions corporelles graves, conduite en état d’ivresse d’un camionneur qualifié de «fou du volant» et bien connu des services de police.

 

         Un député socialiste m’avait avertie: «Surtout que rien ne transpire. Je m’adresse à vous qui êtes une habituée des lettres au journaux.»

 

         Monsieur le Maire me tint les propos suivants: «Nous avons pensé vous offrir de l’argent mais nous nous sommes dit que vous le refuseriez.»

 

         Le maire envoya une lettre «tous ménages» certifiant le «sérieux exemplaire, le sérieux absolu» apporté aux procédures de naturalisation prononcées à huis clos.

 

         Accusée de violation du secret de fonction, je comparus au Palais de justice.

 

         Mais l’affaire fut classée!!!

 

         M.B.

 

 

Bricoles

 

Fouille

 

         La conseillère fédérale Doris Leuthard s’en est allée en voyage officiel en Russie du 7 au 12 juillet. Au moment de reprendre l’avion pour la Suisse à Saint-Pétersbourg, la malheureuse a dû se plier aux mesures de sécurité: il lui a fallu enlever ses chaussures et accepter qu’une employée lui passe les mains sur le corps, «pour une fouille en règle», selon le Matin Bleu du 14 juillet. L’indignation était à son comble dans notre pays. On a frisé la rupture des relations diplomatiques avec la Russie.

 

         Fin mai, dans un autre aéroport, j’ai subi la même humiliation. Personne n’a rien dit. C’est trop injuste! (mp)

 

Amalgame

 

         La polémique faisait rage, début août, au sujet d’un concours de beauté réservé aux Noires. D’aucuns criaient au racisme et à la discrimination. Le conseiller national d’origine angolaise Ricardo Lumengo a volé au secours des organisateurs et déclaré notamment, selon le Matin Bleu du 7août: «Il y a des concours de beauté réservés aux handicapés, aux grosses ou même aux femmes poilues, pourquoi interdire une élection de miss black si on tolère cela.»

 

         Doudou Diène, au secours ! (mp)

 

 

 

Appel à la conscience

 

«Ils étaient tous mes amis. – Ils appréciaient mes initiatives. Ils se félicitèrent que sans argent et sans relations je crée des entreprises, que je partageais avec eux. Ambitieux, ils m’ont dépouillé de mes biens. Ils se sont ingéniés à me détruire. Finalement, ils ont tout démoli de ce que j’ai construit. Ils n’y seraient pas parvenus sans l’aide de la “justice”, qui peut décider ce qu’elle veut, les magistrats étant assurés de l’impunité.»

 

René Leclère: Sans foi ni loi ou Les magistrats font-ils exception?, première édition Malsherbes 1993 (Loiret)

 

Selon des sources officielles, René Leclère «est très certainement le spécialiste français le plus compétent dans les domaines de la manutention et du stockage, et il jouit depuis plus de trente ans d’une audience européenne. Il est l’auteur de l’unique ouvrage très fouillé sur ces problèmes», affirme le délégué général de l’Association pour le Développement économique de la Région Centre1. Il est aussi l’auteur d’une autobiographie professionnelle peu édifiante pour la magistrature et le barreau parisien… Comme il n’a pas été condamné pour ce qu’il y affirme, j’en tirerai donc quelques extraits.

 

Le problème social et moral posé par l’administration judiciaire n’est ni un problème d’effectif ni un problème de compétence, c’est un problème de délinquance ignorée et protégée. C’est ce problème que le monde politique ne veut à aucun prix prendre en considération. On admet qu’un notaire, un avocat ou un médecin soit pénalement responsable en cas de faute grave, que le phénomène soit rare ou non (là n’est pas la question). Mais il est pratiquement impossible qu’un juge soit traité de la même manière, et ceci quand bien même la loi, notre code pénal fédéral, envisage cette hypothèse aussi pour ce qui les concerne, à travers la répression du crime d’abus d’autorité (art. 312), appelé en droit français «forfaiture». Aussi, les plaintes les mieux fondées contre ces personnes sont automatiquement classées sans suite. Nos Etats sont des Etats de droit pour tout le monde, à l’exception des magistrats de l’ordre judiciaire. Donc, nos Etats de droit sont des fictions, car ceux-là mêmes qui ont pour fonction publique de dire le droit, fondement de la sécurité des personnes et des biens, peuvent en toute impunité, non pas se tromper involontairement ou errer dans l’interprétation du droit (les instances de recours existent et fonctionnent pour corriger ces carences humaines naturelles), mais faire fléchir le droit volontairement et consciemment, utiliser leur charge pour faire échec, par la violence, à la loi censée régir tout le monde, eux compris. Cette délinquance judiciaire existe. Le monde politique, toutes tendances idéologiques confondues, la nie avec obstination, et se refuse à l’aborder.

 

Mais en France, ce silence n’est pas absolu. Voici donc…

 

«Des chirurgiens, des ingénieurs, des artisans, des commerçants, des ouvriers, des employés et beaucoup de chômeurs vont en prison. Mais en prison, il n’y a jamais de juges. A croire que le concours d’entrée à l’Ecole de la magistrature marque le sceau de la vertu, que la forfaiture n’est qu’un ornement du code…» (Op. cit., p. 11)

 

«Mes vingt-deux ans de procédure m’ont conduit à l’essentiel, à savoir que, contrairement à l’idée que les responsables s’obstinent à imposer, la France n’est pas un Etat de droit.» (Ibid., p. 13)

«De l’aveu des magistrats, la magistrature est possédée d’un mal latent, manifeste, évident: l’habitude quotidienne du conformisme empressé que le statut érige en condition coutumière d’un avancement convenable. Il s’agit de ne pas déplaire, de respecter les pouvoirs, sans toujours honorer le sien. – L’indépendance de la magistrature s’accommode de cette situation où les ordres sont exécutés sans même être donnés.» (Ibid., pp. 14 et 15, citation  de Nicolas Saint-Naves, pseudonyme de deux magistrats tenus à obligation de réserve, Le Monde du 11 mars 1987)

 

«Si on déplaît, l’avancement auquel on prétend risque de se volatiliser. Aussi, plutôt que de se demander quelle est la meilleure solution, le magistrat qui croit prendre des décisions auxquelles le pouvoir attache une grande importance choisit celle dont il pense qu’elle causera le moins de déplaisir.» (Pierre Lyon-Caen, avocat général honoraire à la Cour de cassation)

 

         «On n’imagine pas le degré de soumission du corps judiciaire. Il faut être à l’intérieur pour prendre la mesure des compromissions habillées habilement et indécelables de l’extérieur.» (Thierry Jean-Pierre, ancien juge d’instruction au Mans, décédé)

 

Ces citations n’auront pas lieu de surprendre la magistrature romande, je puis en témoigner.

 

Michel de Preux

 

 

1 Op. cit., pp. 140 et 141

 

 

L’Affaire Siné

 

Le dessinateur Siné n’a jamais été de nos amis. Ses sympathies politiques à l’extrême-gauche, son militantisme pendant la guerre d’Algérie aux côtés du FLN, son anticolonialisme compulsif, son admiration béate de Fidel Castro et son engagement actif aux côtés des enragés de Mai 68 expliquent pourquoi il collaborait régulièrement, jusqu’à une époque récente, à Charlie Hebdo et non au Pamphlet.

 

Philippe Val, directeur et propriétaire de Charlie Hebdo, a mis Siné à la porte pour «antisémitisme». Val n’était pas de nos amis non plus: malgré des années de vie commune avec Patrick Font, son ex-copain de music hall, il ne s’était jamais aperçu que ce pote était un pédophile de la pire espèce.

 

Origine de l’Affaire

Le 23 juin, alors que Sarkozy se rend en Israël, Libération rapporte les propos de Patrick Gaubert, patron de la Ligue Contre le Racisme et l’Antisémitisme, la Licra : « Le fils de Nicolas Sarkozy, Jean, vient de se fiancer avec une juive, héritière des fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme. »

Quelque temps plus tard, après que le dossier a traîné trois ans dans un placard d’un tribunal, le même Jean Sarkozy, accusé d’avoir heurté, en scooter, la voiture d’un conducteur d’origine arabe et pris la fuite, comparaît enfin devant des juges. Siné, dans Charlie Hebdo, relie ces deux éléments de la vie du prince Jean. Il écrit : «Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général UMP, est sorti sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le parquet (encore lui) a même demandé sa relaxe! Il faut dire que le plaignant était arabe! Ce n’est pas tout: il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie ce petit ! »

Il n’en fallut pas plus et la longue carrière de Siné, défenseur de toutes les minorités brimées, n’aura pas suffi à le préserver du sceau de l’infâmie: la liberté d’expression et le droit des humoristes à l’impertinence ont trouvé leurs limites: on peut se moquer de tout, et de tout le monde. Mais il est un lobby qu’on doit préserver de toute ironie, une communauté quasi sacrée, un peuple élu, des membres intouchables, un Etat du Moyen-Orient à qui tout est permis, les enfants d’Israël.

 

Tout ce que la France compte d’intellectuels, de journalistes, de dessinateurs et de politiques a dû opter: pour ou contre Val, pour ou contre Siné.

 

Une pétition en faveur de ce dernier a réuni plus de 12'000 signatures, et il vient de lancer son propre hebdomadaire satirique, Siné hebdo, qui tiendra quelques semaines.

L'avocate Gisèle Halimi, qui a participé à la création de Charlie Hebdo, compte parmi les soutiens du caricaturiste. Et pour elle, au vu de la chronique incriminée, «un procès pour antisémitisme n'aurait guère de chances d'aboutir. Cette opération participe des procès en sorcellerie qui se multiplient pour maintenir une psychose du juif persécuté».

Le débat continue donc de s'élargir à la liberté d'expression et au communautarisme, à l'image de l'écrivain Jean-Marie Laclavetine dans le Monde, selon qui «on ne respire plus dans ce pays». Fustigeant  «les replis communautaristes», il affirme : «Nous avons besoin des outrances (...) d'un Siné.»

Jean Sarkozy a épousé le 10 septembre Mlle Jessica Sebaoun sans avoir eu besoin de se convertir au judaïsme.

 

Claude Paschoud

 

 

Hommage

 

            C’est avec beaucoup de retard, alors que le Pamphlet de juin avait déjà paru, que nous avons appris le décès, survenu le 23 avril, de notre ancien collaborateur Giuseppe Patanè.

 

         De 1998 à 2005, cet Italien devenu Genevois a entretenu nos lecteurs de sujets fort divers, le plus souvent en relation avec l’histoire de l’Italie, mais aussi très marqués par son souci de rétablir certaines vérités oubliées, comme le nom du véritable inventeur du téléphone ou le vrai visage de Vercingétorix, ainsi que par ses vastes connaissances en architecture.

 

         Né en 1922, Giuseppe Patanè avait conservé la fougue de la jeunesse, et s’employait inlassablement à défendre les damnés de notre vertueuse époque.

 

         Nous présentons à sa famille nos condoléances sincères bien que, hélas, trop tardives.

 

         Réd.

 

 

Un bel été

 

 

Sécurité  (28 juin)

 

         Christian Levrat, conseiller national socialiste, découvre que le peuple est sensible à l’insécurité, mais se défend de chasser sur les terres de l’UDC. Comme par hasard, c’est après avoir constaté la chute du socialisme dans les sondages et dans les parlements, et, à l’inverse, le succès des démocrates du centre que l’esprit vint à Levrat.

 

Contraventions (4 juillet)

 

         Mme Jacqueline de Quattro fait observer qu’un policier lui a laissé – à tort, puisqu’elle bénéficie d’une autorisation – une contravention sur son pare-brise. Le chef en convient et annule les «bûches». Pour la presse de gauche, elle a bénéficié de son rang pour «faire sauter» des contraventions (méritées).

 

Minarets (8 juillet)

 

         L’initiative contre la construction de minarets a récolté 114'895 signatures. A peine étaient-elles  déposées à la Chancellerie que le Conseil fédéral prenait position contre ce texte. Notre gouvernement a peur que notre démocratie ne soit pas comprise à l’étranger et notamment dans les Etats musulmans.

 

Nomination du chef de l’armée (14 juillet)

 

         L’inénarrable Samuel Schmid a caché à ses collègues, lors de la nomination de Roland Nef, que celui-ci était l’objet d’une enquête pénale.

 

         Mais les six autres ministres ont approuvé une nomination, celle du chef de l’armée, alors même que manquait, au dossier de candidature, une pièce essentielle: le rapport du contrôle de sécurité, dont M. Schmid avait jugé qu’il pouvait avoir lieu après la nomination.

 

         Si l’absence incompréhensible de cette pièce essentielle du dossier n’a choqué personne au Gouvernement, on peut se demander qui prend connaissance des dossiers importants.

 

Kadhafi junior arrêté (17 juillet)

 

         Accusé de maltraitance par deux domestiques, Hannibal Kadhafi a été arrêté, et il a passé la nuit au violon du Palais de justice de Genève. Ce non-événement donnera lieu à une sorte d’incident diplomatique et à des flots de prises de position pendant tout l’été.

 

         Certains ont craint que la justice ne plie devant les impératifs de la politique.

 

         Etait-il bien opportun d’incarcérer (même une seule nuit) un homme soupçonné de voies de fait, voire de lésions corporelles simples ? Un patron boucher des Pâquis qui aurait giflé son commis aurait-il passé la nuit au bloc? A force de vouloir démontrer que les puissants ne jouissent d’aucun traitement de faveur, on tombe dans le travers inverse. Le fils de l’instituteur a toujours des notes plus basses que celles qu’il mérite.

 

Décès de Soljenitsyne (4 août)

 

         L’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne a connu un immense succès dans le monde entier lorsqu’il a dénoncé l’univers concentrationnaire soviétique. Expulsé d’URSS en 1974, il a vécu en Suisse et aux Etats-Unis. Mais son étoile ne tardera pas à pâlir, lorsqu’il exposera que la société de consommation occidentale, telle qu’elle est vécue en Amérique, ne vaut guère mieux que le régime communiste.

 

         Ce qui ne lui fut surtout pas pardonné, c’est son regard critique sur l’influence des juifs en Russie entre 1795 et 1995.

 

Brélaz en classe business (6 août)

 

         Forte délégation vaudoise et lausannoise aux Jeux olympiques de Pékin: Jean-Claude Mermoud et Pascal Broulis, ainsi qu’Oscar Tosato, Olivier français, Marc Vuilleumier et notre ineffable syndic Daniel Brélaz. Ce dernier, à cause de sa corpulence, n’a pas pu voyager en classe économique, mais on a dû lui réserver un fauteuil en classe affaires.

 

         Aux frais de qui, la surtaxe ?

 

Micheline Calmy-Rey gaffe à nouveau (26 août)

 

         Bien sûr, on l’a mal comprise. Mme Calmy-Rey n’a jamais prétendu que la Suisse était prête à dialoguer avec Ben Laden.

 

         Et finalement, pourquoi pas ? Faut-il dresser une liste des bons terroristes, ceux d’Israël ou de Bogota par exemple, et une autre des mauvais terroristes, ceux d’Al-Qaïda notamment ? Où se fait la ligne de démarcation ? Pourquoi ?

 

         C.P.

 

 

Lettre ouverte à la direction des travaux

de la ville de Lausanne

 

 

         Monsieur le Directeur,

 

         J’ai le double privilège d’avoir mes bureaux dans le dernier immeuble de l’Avenue de la Gare, sur la Place de la Gare, et d’habiter dans le premier immeuble de l’Avenue Louis-Ruchonnet, sur la Place de la Gare également, mais de l’autre côté.

 

Pendant quatre  ans, nous avons subi la transformation de dite place, et nous subissons à nouveau des aménagements dont l’utilité ne saute pas aux yeux, mais dont les nuisances sautent aux oreilles.

 

Je ne parle pas de la station du M2, mais du nouveau dessin des giratoires, du goudronnage des extérieurs de fontaines et autres fixations de porte-vélos.

 

Je sais bien que le confort des Lausannois importe peu à la Municipalité, pourvu qu’elle obtienne de nous, par nos impôts, de quoi financer ses projets pharaoniques, comme le déplacement du stade de la Pontaise à Bellerive, l’érection d’un musée dans un prisme de béton au bord du lac, et encore de quoi offrir à ses édiles des voyages pseudo-culturels en terres lointaines.

 

Les êtres humains peuvent subir les nuisances sonores des marteaux piqueurs, des rouleaux compresseurs durant plusieurs mois, voire plusieurs années, nul ne s’en émeut.

 

Mais j’ai le bonheur d’avoir chez moi une chatte, Youki, que ce vacarme irrite. Or, dans la nouvelle loi sur la protection des animaux qui vient d’entrer en vigueur il y a dix jours, je lis à l’article 12 : «Les animaux ne doivent pas être exposés à un bruit excessif pendant une longue durée».

 

Oserais-je donc vous prier, au nom de Youki, d’abréger une fois pour toutes les transformations successives et aménagements sans fin de la Place de la Gare, et d’ordonner un moratoire d’au moins dix ans, pendant lequel, sauf intervention d’urgence en sous-sol, nous serions épargnés par votre rage aménagiste ?

 

Youki vous en sera reconnaissante, et je l’inciterai à voter pour vous.

 

         C.P.

 

 

Les nouvelles aventures…

 

Perplexité

 

         On pouvait lire, le 31 juillet, sur le site britannique News Shopper , à propos du témoignage d’une survivante de la déportation des juifs devant les élèves d’une école anglaise, ce qui suit :

 

         «(…) A l’âge de vingt et un ans, elle fut envoyée avec sa mère à la chambre à gaz d’Auschwitz camouflée en salle de douches.

 

         Mais, au lieu du gaz mortel, c’est de l’eau qui jaillit – ce qu’elle ne s’explique toujours pas aujourd’hui.»

 

Sérieux

 

         C’est le Matin Bleu du jeudi 10 juillet qui nous le dit: le site d’extrême gauche Indymedia, qui se sent investi d’une mission de chasse aux sorcières, a publié, coordonnées comprises, la liste de deux cent quarante et un sympathisants du parti nationaliste suisse (PNOS) aperçus lors d’une manifestation qui s’est déroulée en juin à Sempach. Il y a aussi des portraits, en particulier celui d’une dame blonde présentée comme Mariette Paschoud et qui n’a rien à voir  avec celle-ci, pas plus qu’avec son homonyme de La Conversion, dont l’adresse a été indiquée à la place de celle de la «maudite». Il est vraiment réjouissant de constater avec quel scrupule les défenseurs de la veuve et de l’orphelin de gauche vérifient leurs assertions avant de les envoyer sur la toile.

 

         Le journaliste de service ne fait d’ailleurs pas mieux, puisqu’il présente ma modeste personne comme «une prof vaudoise condamnée pour négationnisme dans les années 1980». A-t-on encore le droit, de nos jours, d’ignorer que l’article 261bis du code pénal a été accepté le 25 septembre 1994, et que le législateur n’avait tout de même pas osé lui donner un effet rétroactif?

 

         La dernière édition de Racisme en Suisse, publiée par l’Association des minorités de Suisse et la Fondation contre le racisme et l’antisémitisme, se distingue elle aussi par son caractère approximatif. C’est ainsi qu’on peut y lire en page 203, toujours à propos de votre humble servante décidément très observée que: «Mariette Paschoud (…) avait émis des ”doutes sur l’existence des chambres à gaz et des camps de concentration“». Nos  traqueurs de néonazis ignorent donc qu’un journaliste du Blick avait été condamné à un amende pour avoir prétendu que je niais l’existence des camps de concentration. Ils ne savent pas non plus que les révisionnistes  parlent des camps de concentration sans arrêt.

 

         Se renseigner, c’est fatigant! Parler sans savoir est tellement plus facile!

 

         Mariette Paschoud