Lausanne 36e année      «ne pas subir»      Janvier  2006 No 351

 

 

Sommaire :

 

Editorial

L’emploi du mot «race» serait-il de nature à aggraver les préjugés racistes ? C’est la grave question que se pose la police cantonale vaudoise ces derniers jours !

 

Bricoles

Quand les ailes du parti sont au centre… et quand on a besoin d’un «beamer» pour une commémoration solennelle…,  quand Doudou enquête sur le racisme et que le Temps enquête sur la sécurité intérieure…, quand les dames de la TSR s’émeuvent du sort des volailles du Caucase…, et quand on découvre des révisionnistes inattendus… rien ne va plus !

 

En direct de Sirius

Max nous entretient d’un western spécial, de lucidité, de prudence et de lâcheté, d’historiens épris de liberté et d’un président iranien qui n’use pas de la langue de bois.

 

La menace islamique

Michel de Preux constate, avec le professeur de Mattei, qu’il n’est plus temps de parler d’immigration, mais qu’il convient maintenant de parler d’invasion et de conquête.

 

Tortures et prisons secrètes

Claude Paschoud approuve les dénonciation de M. Dick Marti, mais se demande où il était en d’autres circonstances comparables.

 

Migrations

Les pérégrinations d’un Zisyadis migrateur donne à C.P. l’occasion d’émettre quelques considérations sur l’impôt payé par les riches.

 

Le Dessin de notre illustrateur est consacré à M. Ariel Sharon

 

 

 

Editorial

 

Le débat fait rage : la mention de la race d’un brigand dans certains communiqués de la police cantonale revêt-elle un caractère raciste ?

 

A la suite de l’attaque à main armée perpétrée début janvier à Chavannes-de-Bogis, la police cantonale a publié un communiqué mentionnant que les deux auteurs étaient de race noire. Emoi dans le landernau. Les milieux antiracistes s’agitent, la police lausannoise donne des leçons et le médiateur de 24 heures, François Gross dit de grosses bêtises1. Pour les premiers, l’emploi du mot «race» ne fait qu’aggraver les préjugés racistes; la deuxième, qui a tout compris, substitue au mot honni des notions telles que l’origine, le type, la provenance; quant au médiateur de 24 heures, il nous sert ce morceau de bravoure : «Elle [l’expression litigieuse] a une connotation raciste et renforce les préjugés. Seuls les Africains sont touchés. On ne dirait pas un Vaudois de race blanche !»

 

A l’heure où je rédige ces lignes, le parti socialiste s’apprête à interpeller le gouvernement, et le chef du Département de la sécurité et de l’environnement, Charles-Louis Rochat, bien que récusant toute accusation de racisme, se déclare disposé à changer la terminologie. La police cantonale rejoindra donc sans doute prochainement la police lausannoise dans la soumission à la décence politique.

 

L’emploi du mot «race» aggrave-t-il les préjugés racistes ? Incontestablement s’il est associé à des faits peu réjouissants tels que agressions, trafic de drogue ou bagarres, ce qui est malheureusement presque toujours le cas. C’est extrêmement fâcheux pour tous les braves gens de race noire qui vivent et travaillent chez nous, mais c’est difficilement évitable. Si nous pouvions lire chaque jour dans notre quotidien qu’un homme ou une femme de race noire s’est distingué par sa conduite héroïque, sa générosité ou de signalés services rendus à la communauté, les chose se présenteraient sans doute différemment et il est probable que les professionnels de l’antiracisme se réjouiraient de l’emploi du mot «race», puisqu’il battrait alors en brèche les préjugés racistes.

 

Est-ce que remplacer la race par l’origine, le type, la provenance constitue un réel progrès ? Que pensera le bon peuple quand on lui dira qu’un malfrat est d’origine africaine, de type subsaharien ou de provenance congolaise ? Il pensera tout simplement que l’individu en question est de race noire et les préjugés racistes n’en seront aucunement diminués.

 

On ne dirait pas un Vaudois de race blanche ? On ne dirait pas non plus un Sénégalais ou un Antillais les Africains ne sont pas seuls touchés de race noire, pour l’excellente raison que, actuellement , cela va plus ou moins de soi. Un jour viendra peut-être où, par le biais de la naturalisation, les Vaudois de race noire seront assez nombreux pour que la police doive préciser que l’individu recherché est probablement un Vaudois de race blanche ou un Vaudois de race noire. Mais nous n’en sommes pas encore là.

 

SOS Racisme et consorts pensent que ne plus prononcer ou écrire le mot «race» est un moyen de lutter contre le racisme. Pensent-ils aussi que ne plus prononcer ou écrire le mot «pauvreté» enrichira les miséreux ? Que ne plus prononcer ou écrire le mot «méchanceté» rendra les humains plus gentils ? Que ne plus prononcer ou écrire le mot «famine» supprimera la faim dans le monde ? Que ne plus prononcer ou écrire le mot «bêtise» rendra l’humanité, antiracistes patentés compris, plus intelligente ?

 

Cela dit, et pour conclure, je crois que, si j’était une Vaudoise de race noire, je trouverais insupportable le comportement de mes protecteurs, qui n’est pas sans rappeler l’attitude paternaliste – et donc raciste des anciens colons si décriés.

 

Le Pamphlet

 

1 24 heures du 10 janvier, p. 20

 

 

Bricoles

 

Les ailes de St-Pascal

 

Sur le site de l’Etat de Vaud, on peut trouver le curriculum de chacun des conseillers d’Etat1.

 

Celui de Monsieur Pascal Broulis nous apprend entre autres qu’il appartient à l’aile centriste du parti radical vaudois. Si les ailes du parti sont au centre cela explique peut-être pourquoi après être parti en vrille durant des années, il est en train de s’écraser dans la médiocrité. (xs)

 

1 http://www.dfin.vd.ch/chefdedpt/chefdpt.html

 

 

Beameromanie

 

         Vous vous souvenez sans doute de l’usage abusif qui fut fait du rétroprojecteur au moment de son introduction dans les salles de classes des écoles et dans les salles de théorie des casernes voici trente à quarante ans. Les profs et instructeurs ne pouvaient plus prononcer un mot sans l’appui du merveilleux appareil. Quand il n’avaient ni graphique ni image à proposer, ils affichaient le texte de leur exposé, de sorte que l’élève civil ou militaire «bénéficiait» deux fois de la forte pensée de l’orateur. Pourtant, à ma connaissance, jamais aucun président du groupement de Lausanne de la Société vaudoise des officiers n’introduisit l’indispensable instrument dans une commémoration de l’indépendance vaudoise. Cela eût nui à la solennité de l’événement.

 

         Aujourd’hui, le beamer – appareil qui permet de transférer sur grand écran l’image produite par l’ordinateur – a remplacé le rétroprojecteur. Plus aucun conférencier ne se déplace sans son ordinateur portatif et son beamer, quitte à commettre les mêmes abus que les anciens utilisateurs du rétroprojecteur. Et, cette année, le major EMG Christophe Buache, président du groupement de Lausanne de la SVO, a introduit l’utilisation du gadget dans la commémoration de l’indépendance vaudoise, transformant celle-ci en un spectacle de très médiocre qualité. Si l’on ajoute à cela que l’orateur invité, le général Walter Knutti, nouveau chef des forces aériennes, n’avait, semble-t-il, pas été informé du fait qu’on attendait de lui, en tant que Vaudois d’adoption, un toast à la patrie d’une dizaine de minutes et non un interminable exposé sur les missions de l’armée suisse, abondamment illustré – quoique parfois à contretemps – grâce à l’inévitable beamer, on comprendra que les amateurs de tradition se soient sentis frustrés. (mp)

 

Une étude approfondie

 

         Un dénommé Doudou Diène, ancien diplomate sénégalais et rapporteur spécial de l’ONU sur le racisme a procédé, dans le courant de janvier, à une visite-enquête de cinq jours pour étudier la situation en Suisse en matière de racisme et de xénophobie. En cinq jours, il a eu largement le temps de faire le tour de la question et on ne saurait le taxer de légèreté quand il déclare que nous, les Suisses, nous sommes insuffisants en ce qui concerne la lutte contre le racisme. En plus, il paraît que les autorités au plus haut niveau cherchent à dédramatiser la situation. Mais Doudou n’est pas dupe. D’ailleurs, il a visité un centre de détention à Bâle et n’y a trouvé que des Africains !1

         Le rapporteur de l’ONU devrait faire attention à ce qu’il dit : là où il voit une inacceptable manifestation de racisme anti-Noirs, des esprits grincheux pourraient discerner une dangereuse propension à la délinquance de nos hôtes africains.

 

         On fera par ailleurs remarquer aux autorités qui dédramatisent qu’elles n’auraient pas à le faire si la Suisse était restée hors de portée des ingérences onusiennes. (mp)

 

1 24 heures des 14 – 15 janvier 2006, p. 5

 

L’ennemi public n°1 n’en fait pas assez pour la police

 

Le Temps de lundi 23 janvier s’inquiète. «Christoph Blocher ne veut pas d’une police forte». L’abominable conseiller fédéral «laisse entendre qu’il ne veut pas de services trop intrusifs dans la vie des citoyens et craint un appareil policier trop fort et une dérive de l’activisme juridique.» Sur presque une pleine page, un laborieux scribouillard recense les critiques d’innombrables «experts» à l’égard du chef du Département fédéral de justice et police, accusé d’avoir une vision totalement «dépassée» de la sécurité intérieure. La tranquillité du bon peuple helvétique est menacée, des terroristes rôdent dans nos rues, tapis dans l’ombre, et Christoph Blocher est incapable de les arrêter.

D’habitude, le petit monde des médias affiche plutôt sa consanguinité avec les milieux alternatifs, anarcho-libertaires, hostiles à l’ordre, malades à la vue d’un uniforme, voyant en tout pandore un facho raciste et abruti, se posant en martyrs de l’Etat policier. Le journaliste, par nature, n’aime pas beaucoup la police, soupçonnée de brimer la liberté des citoyens et surtout d’être un vivier d’électeurs de l’UDC. Le journaliste, par les temps qui courent, se méfie des politiques sécuritaires et des officines de lutte anti-terroriste, toujours suspectes de dérives à l’américaine.

Mais voilà, Blocher ne joue pas le jeu. Il brouille les cartes en refusant de jouer le rôle que la presse voudrait lui assigner: celui d’un George Bush local, sabre aux dents, tenant les leviers d’un vaste et obscur réseau policier. C’est ennuyeux: on ne peut pas l’accuser d’en faire trop. Qu’à cela ne tienne: accusons-le de ne pas en faire assez. Etre contre Blocher, c’est encore plus important que d’être contre la police. px)

 

L’amour des animaux malades de la peste

 

Les honnêtes citoyens qui ont la mauvaise habitude (encore qu’une habitude, du fait même de sa continuité, ne puisse jamais être entièrement mauvaise; elle le sera en tout cas toujours moins qu’un changement perpétuel), qui ont l’habitude, donc, de se réveiller le matin en écoutant le programme d’une certaine radio locale vaudoise, souffrent dès potron-minet en entendant l’animatrice de service qui tient à leur faire part de ses états d’âme émotionnés et de ses exclamations indignées contre un monde peuplé de méchants. A chaque fois que son collègue sélectionne quelque fait divers dans l’actualité du jour, la voici qui lâche des «oooh», des «euuuh mais c’est scandaleux» et des «noooon mais c’est pas vrai».

Je me suis levé de fort méchante humeur lorsque cette dame, il y a quelques jours, a décidé de dénoncer les vilains humains qui brûlent les oiseaux et autres bestioles suspectées d’être atteintes de la grippe aviaire. Résumé du propos, de mémoire: «Bien sûr, il faut se protéger de cette épidémie, mais enfiiin euuuh, quand on découvre comment des être humains sont capables d’exterminer ainsi des animaux, sans aucun état d’âme et avec tant de cruauté, en oubliant qu’il ne s’agit pas d’objets mais d’êtres vivants, et quand on pense à tous ces gouvernements qui couvrent de tels actes sans rien dire, et quand on voit comment les médias (les autres, n.d.l.a.) nous montrent avec une indifférence totale ces images affreuses, sans s’indigner et sans dénoncer ces pratiques honteuses, eh bien on se dit que les personnes qui sont capables de se comporter comme ça avec des animaux sont peut-être capables de faire ensuite la même chose avec des êtres humains, et ça, ça fait froid dans le dos.»

Et en effet, lorsque je me suis levé et que j’ai ouvert ma fenêtre, j’ai eu froid dans le dos. Il est vrai qu’on nous bassine un peu avec ces histoires de virus volants; mais n’est-il pas tout de même excessif de crier au génocide parce que quelques tribus du Caucase décident de rôtir leurs volailles malades ?

Découvrira-t-on un jour que la bêtise humaine est encore plus contagieuse que la grippe aviaire ?(px)

 

Un révisionniste inattendu

 

         Depuis le procès de Nuremberg, il est admis qu’au camp de concentration de Majdanek (Lublin), près d’un million et demi d’êtres humains ont péri, dont «une quantité énorme de juifs»1. Ce chiffre a été repris partout, notamment par Constantin Simonov2, ainsi que par la Columbia Electronic Encyclopedia jusqu’en 2003.

         Or, le 23 décembre dernier, dans la Gazeta Wybrocza, un sieur Tomasz Kranz ne craint pas d’affirmer que le nombre des victimes de Majdanek ne dépassa pas, en réalité, 78 000, soit le 5,2 % du chiffre officiel !

         Une telle minimisation suffirait sans doute, en Suisse, à la condamnation de l’impudent à une longue peine de prison sans sursis. Il y a néanmoins un problème : l’auteur est directeur de la section des recherches du Musée d’Etat de Majdanek.

         Où va-t-on ? (cp)

1 Document URSS-29.

2 Maïdanek, un camp d’extermination, Editions sociales, Paris, pp. 36 et 39.

 

 

 

 

 

En désespoir de cause, les médecins d’Ariel Sharon décident de tenter des analyses des tissus du cerveau…

 

 

 

 

En direct de Sirius

 

Lettre ouverte à J. S. Trécher, vice-sous-dir’cab’ près le Garde des sots (la France délatrice)

 

Mon cher Jules,

 

Tu m’as demandé une image simple pour faire appréhender à tes énarques le « testing », désormais érigé en méthode officielle de contrôle pour votre bien vertueuse entreprise nationale de lutte contre le racisme et de promotion de l’égalité des chances : le testeur, dans ce cas de figure, c’est un peu comme le type qui inscrit son bichon maltais à une course de lévriers et jappe à la discrimination raciale si son candidat est recalé.

A mon tour de te demander conseil : avec quelques autres convives, je dînais récemment, dans ton pays, chez un vieil ami qui nous tint les propos suivants : «Tradition oblige, j’avais la faiblesse de me considérer jadis comme un anti-[je censure ici, en vertu de ce principe de précaution que vous maîtrisez si bien] sophistiqué, mais je crains bien que, par la force des choses, me voilà devenu un anti-[dito] primaire». Merci de me confirmer si je dois le dénoncer à tes services et, dans l’affirmative, de m’indiquer la marche à suivre et si une quelconque récompense a été prévue.

[Formule de politesse – signature]

 

Une première cinématographique : « Le secret de Brokeback mountain », western gay à triste fin

 

Max l’admet, il n’a pas souhaité voir ce premier pas dans une direction qui n’est pas la sienne. Les critiques s’accordent, en revanche, pour définir ce film, très primé, comme une belle histoire d’amour impossible entre deux vachers, dans les années 60 du siècle dernier. Une œuvre, paraît-il, tout en finesse et en sensibilité. C’est un bon début, mais un début trompeur. On peut ainsi, sans grand risque d’erreur, imaginer un bref extrait caractéristique du dialogue d’un prochain western de même sensibilité mais dans le registre burlesque, façon «Ranch aux folles», en attendant la sortie, en enchaînement logique, d’un «Règlement de comptes à OQ Corral» version «hard», classé «grande diffusion – tous spectateurs» :

Jack : – Ouais, Joe, le fils du shérif n’est pas pour toi… Quitte donc ce village sur ton beau cheval bai…

Joe [à son gang, rajustant son foulard de pashmina rose] :

         – Non mais vous entendez, les filles ? Ell’m’cherche ! [A Jack] Sors ton pistolet de là et dégaine !

[Naturellement, Joe, notre héros, qui tenait déjà son « six-coups » à la main tire plus vite ; le coup part : «Poum !» Jack s’effondre dans les bras de son rival…]

 

Lucidité ? Prudence !

 

La lucidité conduit à penser que la seconde plus grande escroquerie du XXe siècle aura sans doute été de faire accroire, toutes générations confondues, à un bon milliard de malheureux occidentaux qu’ils vivaient en démocratie ; la prudence, à admettre qu’il doit bien en exister une autre, bien supérieure, si parfaite qu’on ne l’a pas encore tout à fait mise à jour…

 

Evidence (la Lâcheté, puisqu’il faut l’appeler par son nom)

 

Le détenu d’opinion Ernst Zündel, embastillé en Allemagne, emprunte aux Etats-uniens une maxime qu’il réserve à son peuple mais qui peut aisément s’extrapoler à l’ensemble des peuples de notre vieille Europe : «[Les Allemands n’ont pas] réussi en 60 ans à secouer les chaînes qui les entravent moralement. Ce n'est pas qu'ils ignorent les faits : ils sont plus ou moins volontairement aveugles, et ils sont lâches. Un peu plus de vérité ne les libérera pas davantage ni eux ni moi : la peur et la lâcheté ont leurs propres règles : les gens qui ont peur sont comme dans un labyrinthe de terreur – qu'ils se créent généralement eux-mêmes. Les Américains ont un dicton très juste : “Le lâche meurt mille fois – l'homme courageux une seule fois”»1. Lâches… et «formatés», aussi…

Contre la Police de la pensée, les illusions perdues des « carabiniers d’Offenbach »

 

Enhardis par les pas de clercs et la valse-hésitation de leur gouvernement sur l’épineuse question des relatifs bienfaits de la colonisation, dix-neuf historiens français2 «de renom» (pas ceux qui gênent), vite rejoints par vingt-six personnalités3 – dont la lucide et courageuse Anne-Marie Le Pourhiet4 – réclament par voie de presse la suppression des textes-bâillons qui polluent l’arsenal juridique de leur pays (comme le 261 bis CPS le nôtre) et la liberté de recherche en matière historique. Préoccupation louable mais bien tardive : le 1.11.2005, sous le grand chapiteau de l’ONU, par une étrange adoption «par consensus» [Le Monde du 4.12.2005], des as de la carte forcée5 ont fait monter d’un cran le verrou maintenant le dogme de certain point d’histoire récente. En décrétant le 27 janvier «Journée [mondiale] de l’Holocauste», ces maîtres ont élevé l’interdiction de débat au niveau supra-étatique… Quant à l’accusé de Lyon6, il a écopé du maximum. L’argument d’autorité a encore de beaux jours devant lui...

Sauterie nucléaire à l’usage exclusif des «happy few» «Iranians unwelcome !»

 

Indignation des compères du monde «libre» de l’«Axe du Bien» : l’Iran du président Ahmadinejad ne saurait être admis au dangereux club des «Nucléaires» – pour les démocraties aussi, certains sont moins égaux que d’autres… Cependant, est-il si étonnant qu’un des rares pays encore souverains répugne à subir le sort de son voisin irakien désarmé, agressé, envahi, mis en coupe réglée et finalement rendu au Moyen-Âge ?

Pointe sèche n° 3 : l’imitatrice

 

Elle avait si bien peaufiné son rôle de vieille précieuse que je me crus, le temps d’une illusion, en présence d’une certaine cantatrice qui porte le même prénom qu’une marque de lessive. Et je me pris à plaindre le mari du modèle.

Max l’Impertinent

 

1 Lettre du 6.1.2006.

2 « Liberté pour l’histoire », Libération du 13.12.2005, p. 35.

3 « La liberté de débattre », Marianne du 24.12.05 au 6.1.06.

4  Mme Anne-Marie Le Pourhiet est professeur de droit public à l’Université de Rennes 1- Faculté de droit et de science politique.

5 Le quotidien israélien Haaretz du 2 novembre 2005 confirme que «La résolution n’a pas donné lieu à un vote.»

6 Cf. « Un procès en sorcellerie », Le Pamphlet, décembre 2005, n° 350, p. 2.

 

 

La menace islamique

 

«En tant que musulman, j’affirme que l’islamisme ne peut naître que de l’islam. En tant que musulman, j’affirme que l’intégrisme musulman ne peut naître que de l’islam.. En tant que musulman, j’affirme que l’islamisme est générateur de terrorisme et je défie quiconque de me démontrer le contraire.»

 

Kébir Jbil, président du Mouvement des Maghrébins laïcs de France, Le Figaro, éd. du 23 septembre 2005.

 

         Il importe peu que la majorité, voire l’immense majorité (comme ils le prétendent eux-mêmes) des musulmans d’Europe, établis dans nos pays depuis une ou plusieurs décennies, soient hostiles à la guerre sainte contre nous et disent tenir à la paix. La solidarité entre musulmans prime, chez eux, toute autre considération lorsque des communautés non musulmanes et autochtones sont concernées. Le reste n’est qu’affaire de circonstances.

 

         Voici ce qu’écrivait au mois de décembre dernier le directeur de Correspondance européenne, le professeur Roberto de Mattei : «Les récents événements de France ont permis d’émettre publiquement l’opinion que l’immigration est un phénomène qui appartient progressivement au passé. Il faut désormais parler d’invasion et de conquête de l’intérieur. Ce pas franchi ne plaît pas à ceux qui craignent un revirement dans les «pays d’accueil». Une appropriation trop rapide du sol européen risquerait de tout compromettre.»1

 

Il y a quarante ans, prévoyant la situation présente pour la métropole, le général De Gaulle trahit délibérément ceux qui l’avaient appelé au pouvoir en accordant l’indépendance aux départements algériens, leur cédant le Sahara et leur abandonnant pratiquement les Français de souche, d’outre-mer, signes de faiblesse aussitôt perçus par les intéressés du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne), les Français d’Algérie étant exclus du vote sur l’autodétermination de ces départements ! C’est ce que l’on peut et doit qualifier de politique de gribouille, car les musulmans d’Algérie, qui n’ont jamais dans leur histoire connu d’Etat propre, ont à ce moment fort bien compris que si la France leur offrait une appartenance nationale pour s’en débarrasser en métropole, c’est qu’elle avait peur d’eux…

 

     L’échec économique magistral de l’Algérie indépendante, asservie à la corruption politique massive, malgré le pétrole saharien, n’a pas émoussé, au contraire, la fierté patriotique des nationaux d’Algérie. Tout contribuait donc à forger en eux le goût de la conquête du sol français. Pendant ce temps, les Français, chez eux, se déchirent sur leur identité nationale, sur leur histoire coloniale ou non. Les rapatriés d’Algérie maintiennent la mauvaise conscience, diffuse dans la «droite» gaulliste, et l’évocation des pratiques de torture de l’armée dans ces départements d’outre-mer, habilement, entretient et prolonge le malaise, donne des titres à la morale «de gauche»…

 

Aujourd’hui, être musulman en France, mieux, de France, est un atout social et politique, presque un titre de gloire, au moins virtuellement. Le professeur Mattei a raison : l’immigration venue d’Afrique est un problème dépassé. Il convient, dorénavant, de subir une invasion bénéficiant d’un non-dit imposé2, dès lors que la seule force politique qui aurait pu, au moins provisoirement, maîtriser l’immigration de peuplement, le Front National, est muselée et contenue à la manière soviétique, dans le silence médiatique (jusques à quand… ?).

 

     Malgré l’oppression des interdits journalistiques et officiels, le peuple français aura, l’an prochain, le dernier mot. Puisse la vision du Pape Pie XII, livrée en privé à l’un de ses médecins traitants3, le dr. Belfever, commencer alors à se réaliser !

 

«Après une période de dix années de prospérité et de prestige retrouvé, la France, que nous aimons paternellement, retournera à ses jeux politiques favoris, à ses obsessions destructrices. Une succession de gouvernements faibles, laxistes, démagogues, laisseront se désagréger le sentiment national et les valeurs élémentaires. Une réaction brutale des forces vives et populaires du pays mettra fin à cette déliquescence voulue par certains, tolérée par d’autres. Pour ne pas sombrer, la France changera de régime sans douceur.»

 

… Là sont nos espérances politiques.

 

 

Michel de Preux

 

1 CE 140, 10.12.2005, page 5 : Islam : pour beaucoup, les jeux sont faits.

2 Un «Document» (ainsi nommé) découvert dans la villa de Youssef Nada (lié aux Frères musulmans et à la famille Ramadan) par la police fédérale lors d’une enquête à laquelle la CIA portait grand intérêt puisqu’elle fut la dénonciatrice (l’affaire aboutit à un non-lieu) prouve néanmoins la réalité d’un projet islamique de conquête de l’Europe occidentale, selon le journaliste Sylvain Besson, dont le livre La conquête de l’Occident et le projet de l’Islam fut édité au Seuil, à Paris, en 2005.

            L’authenticité de ce «Document» n’est pas contestable, mais on semble, notamment à la radio, peu disposé à lui donner quelque crédit…

3 Les Prophéties du Pape Pie XII de B. de Belvefer, éd. Guy Trédaniel, Paris 1988, page 95.

 

 

Tortures et prisons secrètes

 

Toute âme bien née est évidemment d’accord avec ceux qui dénoncent les tortures subies, dans de mystérieuses prisons, par de présumés coupables, selon la CIA américaine, au mépris des garanties élémentaires d’une procédure équitable.

 

On serait donc disposé à applaudir les philippiques de M. Dick Marty si ce tribun médiatisé et ses amis socialistes avaient manifesté le même zèle en d’autres circonstances comparables.

 

Où était Dick Marty lorsque les maîtres de l’ex-URSS envoyaient les opposants au Goulag ? Qui a entendu Dick Marty dénoncer les purges de Mao Dzé Dong, de Kim Il Sung, du bon Père Aristide ou de Pol Pot ?

 

Dans quelle publication peut-on lire les articles de Dick Marty dénonçant les régimes de terreur actuels à Cuba, au Togo ou en Birmanie ?

 

Pendant ces soixante dernières années, on a enseigné à tous les petits élèves du «monde libre» en Europe et aux Etats-Unis, que la guerre menée entre 1939 et 1945 contre les forces du Mal avait justifié, moralement, l’élimination de populations civiles aux bombes incendiaires, le largage de bombes atomiques sur des villes démilitarisées, le massacre des prisonniers de guerre désarmés, la tonte et le viol des femmes «collabos», la torture des gardiens des camps de concentration.

 

Pendant soixante ans, on a glorifié les égorgeurs de prêtres et les violeurs de bonnes sœurs pendant la Guerre d’Espagne, on a chanté les louanges des valeureux «résistants» qui faisaient sauter des voies de chemin de fer ou qui abattaient dans le dos les aspirants des troupes d’occupation en France, on nous a rebattu les oreilles avec les mérites incommensurables des assassins du FNL algérien ou, plus récemment, des Africains du sud qui lynchent les fermiers blancs.

 

Pourquoi les Américains se gêneraient-ils d’incarcérer sans preuve, voire de bousculer quelque peu, des présumés terroristes alors que tous les livres d’histoire enseignent aux petits Français que les victimes de la Terreur en 1793 ou les victimes de l’Epuration en 1945 n’ont eu que ce qu’ils méritaient à raison de leur statut social ou de leurs opinions.

 

L’éditorialiste de 24 heures est en pâmoison1 : «Dick Marty a un credo : la recherche de la vérité» nous assure-t-il.

 

Vraiment ?

 

Dans les procès intentés à des historiens «révisionnistes», ceux qu’il suffit de lire une seule fois, sans parti pris, pour comprendre que les choses ne peuvent pas s’être produites comme on nous les raconte, qui se soucie de la vérité ? Les accusés ont-ils eu le droit de faire la démonstration de la vérité ?

 

A-t-on vu, lorsqu’on a incarcéré en Suisse un vieillard de quatre-vingts ans pour délit d’opinion, M. Dick Marty ou n’importe lequel de ces preux chevaliers se lever pour exiger la vérité ?

Oh, que non ! Il est plus facile (et sans risque) de faire des grimaces à un gorille bien enfermé dans sa cage au zoo qu’à son voisin de palier. M. Dick Marty et les journalistes de la presse romande, les pieds dans leurs charentaises, se déchaînent à moindre risque contre M. George Bush, alors qu’il n’oseraient pas la moindre critique contre (par exemple) les ministres socialistes de l’école à Genève ou dans le canton de Vaud, qui nous mentent insolemment depuis des années !

 

Ne craignons rien pour M. Marty : il trouvera les preuves qu’il cherche de l’existence de prisons, d’enlèvements, de tortures. Les services secrets israéliens Mossad ont aussi enlevé, emprisonné et torturé des criminels de guerre, réels ou supposés, sans que le Conseil de l’Europe ne s’en émeuve.

 

On félicitera M. Marty de son courage, de sa ténacité, et la presse helvétique se donnera le ridicule de mettre un mauvais point au cancre yankee locataire de la Maison Blanche.

 

Et le monde continuera de tourner.

 

Claude Paschoud

 

1  24 heures du 25 janvier, pages 1 et 5

 

 

Migrations

 

A l’heure où nous rédigeons ces lignes, on ignore si le Zisyadis migrateur sera parvenu à constituer son nid sur les cheminées de Sarnen. Le domicile d’une personne physique étant le lieu où elle réside avec l’intention de s’y établir, on peut douter que cette double condition soit prochainement réalisée, sachant que l’oiseau susnommé ne parle pas la langue des autochtones et qu’il ne partage ni leur religion ni leurs mœurs. Considérant d’autre part qu’il ne s’est pas trouvé, dans un demi-canton de 30'958 habitants, un seul citoyen disposé à signer un recours déjà tout rédigé par le parti socialiste, même parmi les quelques malheureux qui s’étaient opposés, le 11 décembre dernier, à la modification de la loi fiscale, on comprend que l’arrivée du volatile marxiste n’ait pas suscité des délires d’enthousiasme dans la Suisse primitive.

 

On déplore néanmoins que cette réticence ait incité l’autorité à exercer des pressions sur la brave logeuse pour l’inciter à refuser au nouvel Obwaldien la chambre qui lui avait été promise.

 

Sur le fond, que faut-il penser de la nouvelle loi obwaldienne ?

 

La Radio suisse romande nous affirme que ce demi-canton devient un paradis fiscal, et qu’on fait de considérables cadeaux aux riches : «La fiscalité sera encore plus favorable pour les plus riches. A partir d'un revenu imposable de 300'000 francs, le taux d'imposition baissera régulièrement de 2,35% à 1%», disait le commentateur.

 

En le disant de cette façon, on incite l’auditeur à croire que le taux d’imposition des revenus est, à Obwald, de 2,35 % pour les revenus de 300'000 francs et qu’il pourrait baisser jusqu’à 1 % pour des revenus supérieurs.

 

La réalité est évidemment tout autre : pour un revenu imposable de 300'000 francs par an, le taux d’imposition cantonal est de 15,5 %. A partir de là, le taux sera dégressif : de 14,5 % pour la tranche supplémentaire jusqu’à 400'000 francs, il baissera jusqu’à 11,6 % pour la tranche située entre un demi-million et un million.

 

On ne fait donc aucun cadeau aux riches, on les tond moins ras. Les cantons sont libres, sous réserve de l’octroi d’avantages fiscaux «injustifiés», de fixer comme bon leur semble les barèmes, les taux et les montants exonérés de l’impôt, l’harmonisation exigée par l’art. 129 de la Constitution ne portant que sur l’assujettissement, sur l’objet et sur la période de calcul de l’impôt, sur la procédure et sur le droit pénal en matière fiscale, ce qui est déjà beaucoup.

 

Curieusement, la concurrence qui est louée partout au point qu’une commission fédérale tatillonne traque les plus petites ententes qui pourraient en perturber les effets bénéfiques, curieusement dis-je, cette concurrence serait malsaine en matière fiscale. Les marchands de petits pois sont incités à réduire leurs coûts pour faire profiter leurs clients des prix les plus avantageux et les cantons ne pourraient pas maîtriser les leurs, par une gestion habile des deniers publics, pour faire profiter leurs concitoyens de tarifs plus avantageux.

 

La gauche se comporte comme si les contribuables étaient les prisonniers des Etats ou des cantons où ils résident, au point que tout changement de résidence ayant pour but avoué de payer moins d’impôts est qualifié d’évasion fiscale.

 

Aucun système fiscal n’est juste dans l’absolu. Ceux qui sont fondés sur l’imposition progressive du revenu et donc sur la conception d’une certaine égalité de sacrifice supposent l’appartenance à une communauté plus ou moins solidaire. Alors qu’il ne bénéficie d’aucune prestation supplémentaire de l’Etat, le riche paie beaucoup plus qu’il ne coûte, parce que le pauvre paie beaucoup moins, ou qu’il ne paie même rien du tout alors qu’il coûte beaucoup. Cette solidarité est naturelle dans une communauté homogène. Elle l’est beaucoup moins dans une population atomisée, ethniquement et culturellement très diverse, individualiste par mode ou par conviction, infantilisée par goût ou par paresse.

 

Ce sont généralement ceux qui ne paient pas d’impôt du tout, et qui d’ailleurs ne travaillent pas et vivent de l’assistance publique, qui s’indignent des cadeaux fiscaux octroyés aux «riches» : celui qui gagne un million par an ne versera (à Obwald) que 10'700 francs par mois au canton, probablement autant à sa commune et 9'583 francs à la Confédération, soit de quoi financer une dizaine de rentes AVS maximum complètes. Ce n’est déjà pas rien.

 

Que le petit père Zisyadis prenne garde : lorsqu’il aura réussi à chasser de Suisse tous ceux qui paient beaucoup d’impôts, il faudra qu’il se mette à travailler !

 

C.P.