Lausanne 35e année      «ne pas subir»     Janvier  2005 No 341

 

 

 

Sommaire :

 

Avalanche de référendums

Ce ne sont pas moins de 5 référendums que la rédaction propose à ses lecteurs vaudois d’appuyer par leur signature ! Le référendum, annoncé dans notre dernier numéro, contre la loi sur les EMS, et les 4 référendums financiers rendus nécessaires par l’étrange obstination du Conseil d’Etat de violer ses promesses. Pas d’augmentation des impôts sans un effort d’économie !

 

Bricoles

Où il est question de tsunami (c’est mon ami Pierre-Yves Lador qui invoque le Seigneur en ces termes : Mon Dieu protège-moi des tsunamis, je m'occuperai des tsunennemis) d’extrémisme juif et de cartes perforées. C’est aussi grâce au Pamphlet qu’on peut savoir comment M. Blocher s’exprime pour les lecteurs d’un grand quotidien parisien.

 

En direct de Sirius

Max se penche sur la charité privée et publique, il a apprécié le film relatant les derniers jours du Führer, et il se demande si nos ministres des finances seront aussi généreux que le cardinal Mazarin. Il nous recommande aussi la lecture du dernier opus d’André Franzé

 

Au courrier

Un lecteur prend la défense de M. le Conseiller d’Etat Pascal Broulis, et un autre du célèbre compositeur Béla Bartok, injustement traités dans un précédent Pamphlet

 

Aliénations sans limite !

Michel de Preux trempe sa plume dans le vitriol pour dire leur fait aux cuistres de l’antiracisme. Un petit tour d’Europe dans les statistiques authentiques, soigneusement cachées par les sinistres coquins qui rédigent nos quotidiens.

 

Rectificatif

Le mois passé, un petit «ne» de trop dans une citation de Louis de Bonald, et c’est évidemment toute la phrase qui était lue à contresens.

 

Le droit de recours des associations

De façon générale, ce n’est pas l’abus du droit de recours des associations qui défendent la nature ou le patrimoine architectural qui bloque les constructions, mais la lenteur des Tribunaux administratifs.

 

Fiscalité

Ce ne sont pas les riches qu’il faut faire payer, mais les pauvres !

 

 

 

Avalanche de référendums

 

 

Nos lecteurs domiciliés dans le canton de Vaud trouveront, encartés dans ce numéro (ou glissés dans la même enveloppe que ce numéro du Pamphlet) deux feuilles de signatures !

 

L’un des référendums est celui que soutient l’Union des retraités de l’Etat de Vaud, la Fédération vaudoise des retraités et l’association Residem’s (association qui défend les intérêts des personnes qui résident dans un EMS et ceux de leurs proches) contre la loi récemment votée par le Grand Conseil vaudois. Contre cette loi calamiteuse, ce ne sont pas moins de 3 demandes de référendum différentes qui circulent actuellement, ce qui démontre à l’évidence que cette loi ne satisfait personne (sauf peut-être les services de l’Etat) : ni le personnel des EMS, insuffisamment rétribué et soumis à des horaires inhumains, ni les résidents en EMS pour qui les prestations vont diminuer, ni le contribuable pour qui la facture sociale va augmenter.

 

Mme Marie Guignard, infatigable présidente de Residem’s tient à la disposition de qui lui en fera la demande des listes de signatures format A4 (à 14 signatures) et des cartes commerciales réponse (à 4 signatures) : ne manquez pas de signer et de faire signer ce référendum et, surtout, de renvoyer les listes, même incomplètes, avant le 24 janvier prochain !

 

L’autre référendum est un quadruple référendum, dirigé contre 4 décrets d’augmentation fiscale concoctés par le Conseil d’Etat pour – du moins l’espère-t-il – tondre le contribuable de 45 millions supplémentaires.

 

S’il s’agissait vraiment d’assainir les finances cantonales, on pourrait entrer en matière. Mais ces 4 impôts supplémentaires sont, à bien des égards, iniques et leur acceptation serait un encouragement de plus, pour l’administration, aux dépenses sans fin.

 

Signalons le commentaire pertinent de notre confrère Cédric Cossy dans La Nation du 7 janvier, qu’on peut atteindre sur Internet à l’adresse : http://www.ligue-vaudoise.ch/nation.

 

Dernier délai, pour ces 4 référendums : 25 janvier.

 

A vos plumes !

 

Claude Paschoud

 

 

 

Bricoles

 

Priorités

 

Lorsque la jeune Nathalie est rentrée de Pukhet, le journal Le Matin était à l’aéroport pour recueillir ses pleurs. Elle était saine et sauve, et n’avait perdu aucun proche dans la catastrophe, mais la vague géante avait emporté plusieurs maillots de bain lui appartenant, perte qui, de son point de vue, justifiait qu’on mît à sa disposition une cellule psychologique. Il était en outre scandaleux que ni l’ambassadeur de Suisse à Bangkok ni Mme Calmy-Rey n’ait jugé bon de la réconforter dans les heures qui ont suivi la disparition dramatique de ses bikinis, dont l’un (le jaune vif), ayant été acheté la veille, n’avait même jamais été porté. En retrouvant son douillet appartement en Suisse, sa voiture et ses comptes d’épargne, Nathalie confirmait au journaliste de service, entre deux sanglots, qu’à cause du tsunami, elle avait «tout perdu» en Thaïlande.

 

Le même jour, les médecins informaient M. Christian R., dans un hôpital helvétique, qu’il était atteint d’une maladie dégénérative mortelle qui ne lui laissait, au mieux, qu’un sursis de quelques mois, voire un an ou deux. Il n’existe aucun cas de guérison connu. 

 

Pour de telles communications, il n’est prévu aucune «cellule psychologique» pour aider le patient à supporter la nouvelle ni pour assister sa proche famille. Les psychologues sont à Kloten pour accueillir les touristes qui ont ont perdu leur peignoir de bain et leurs sandales.

 

Cœurs de pierre

 

Nous sommes au regret de constater que la sérénité de nos petits-fils n’a pas été troublée par le raz-de-marée d’Asie du sud. Ils ont certes porté au phénomène une curiosité toute scientifique, mais ils n’ont pas mesuré l’ampleur de la catastrophe sur le plan humain. Il est vrai qu’ils ne lisent pas les journaux ni ne regardent les informations à la télévision. Le drame des bikinis leur a donc totalement échappé, d’où, sans doute, cette apparente dureté de cœur.

 

Pas d’extrémistes juifs en Suisse

 

Dans un rapport du département fédéral de justice et police, l’auteur exprimait la crainte que la nouvelle vague d’antisémitisme ne conduise à l’émergence d’un extrémisme juif violent.

 

Président de la Fédération des communautés israélites de Suisse, M. Alfred Donath a affirmé1 qu’il n’existe pas d’extrémisme juif en Suisse. On respire ! Surtout lorsqu’on suit d’un peu près les actions en France du Bétar, groupe paramilitaire de l'extrême droite sioniste bien connu des services de police, formé essentiellement de voyous dont les exploits occupent 4460 pages en français sur Google.

 

Comme on devait s’y attendre, la Fédération susnommée a exigé que tout passage se rapportant au risque d’extrémisme juif soit biffé du rapport fédéral.

 

Il ne fait guère de doute que le Conseil fédéral, conformément à la tradition de fermeté qu’il a inaugurée lors du chantage des prétendus «fonds juifs en déshérence», saura donner à cette exigence la réponse qu’elle mérite.

 

Cartes perforées

 

L’association tsigane GIRCA, agissant au nom de 5 victimes, poursuit le géant américain de l’informatique IBM et lui réclame 109'000 francs pour avoir livré à l’Allemagne, dans les années trente, des machines à fabriquer des cartes perforées. Ces appareils auraient contribué au génocide tsigane, car ils facilitaient la transmission d’informations très précises.

 

Souhaitons pour la firme suisse Caran d’Ache, fondée en 1924, que les nazis n’aient jamais rien écrit au crayon.

 

L’avis de M. Blocher

 

Pour connaître l’avis de M. le conseiller fédéral Christoph Blocher sur la politique d’asile ou sur l’Union européenne, il faut lire le quotidien parisien le Figaro du 6 janvier dernier, dont voici 2 extraits :

 

LE FIGARO. – La tendance en Suisse comme en Europe est à une diminution des demandes d'asile. Pourquoi continuez-vous à placer la question des réfugiés au centre de votre politique ?


Christoph BLOCHER. – La politique d'asile est un des grands problèmes contemporains, non seulement en Suisse, mais aussi chez nos voisins européens. Plus de 90% des personnes qui déposent une demande d'asile en Suisse ne sont pas des personnes persécutées. Elles viennent chez nous pour des motifs économiques. Or, ces demandes d'asile exigent de grosses dépenses administratives. Nous avons mené une révision de la loi sur l'asile et obtenu que le processus d'examen des dossiers des requérants soit accéléré, et que les personnes frappées de «non-entrée en matière», ne puissent plus bénéficier d'aide sociale, mais seulement d'une aide d'urgence, entre le moment où ils reçoivent la décision et le retour dans leur pays. Les conséquences sont positives. Nous avons actuellement une des plus fortes diminutions de demandes d'asile parmi les pays de l'Europe de l'Ouest.

 

(…)

 

LE FIGARO. – Comment envisagez-vous l'avenir des relations entre la Suisse et l'Union européenne ?

Christoph BLOCHER - La Suisse ne peut pas jouer un grand rôle dans l'Europe. Nous sommes un petit pays, au contraire de la France ou de l'Allemagne. Le désavantage d'une telle situation est que nous ne pouvons pas protéger nos intérêts comme les grands Etats.

La Suisse est un pays pauvre : nous n'avons pas de ressources en matières premières, pas de débouché maritime et nos quatre langues nationales compliquent les échanges. Pourtant, nous avons réussi à devenir un des pays les plus riches du monde grâce à un système qui restreint l'interventionnisme de l'Etat. De plus, la démocratie directe empêche d'augmenter de manière trop importante les impôts et les taxes. Si la Suisse entre dans l'Union, elle perdra ses avantages. L'avantage de sa monnaie, de son taux de TVA à 7,6% et de sa liberté d'entreprise. Je ne suis pas contre l'Union européenne, je pense seulement que la Suisse ne doit pas y entrer. Il faut que nous gardions notre liberté de décision. Si nous entrons dans l'UE, les autres décideront pour nous. Le mieux, ce sont les accords bilatéraux entre la Suisse et l'UE.

 

1 24 Heures du 3.1.05 page 6

 

 

En direct de Sirius

 

 

Les braves gens, les sangsues, les prédateurs et les victimes variées.

 

Marie-Gentille et Marie-Rieuse sont deux Françaises à l’abri du besoin. A la première, qui avoue s’être fendue de mille euros1 pour les victimes des raz-de-marée, la seconde répond : «T’es complètement “chtarbée” ; elles n’en verront pas la couleur !». Demi-vérité : après déduction des frais de fonctionnement des administrations diverses, et sauf détournement manifeste, une petite fraction de la somme parviendra, le plus souvent sous forme de service ou d’aide en nature, à une victime du cataclysme du 26 décembre. Et la générosité de Marie-Gentille, comme, du reste, les milliers de billets de dix euros et les millions de pièces d’un euro des Maries de conditions plus modestes, sont autant d’actes louables, qui viennent s’ajouter aux soixante millions de dollars promis2 par «le président de tous les Français» et prélevés sur les fonds publics… donc alimentés par les ponctions déjà effectuées dans les escarcelles de toutes les Maries – grandes et petites – et des autres contribuables que compte la république. Généreux effort, donc, et comme il est regrettable que – discrétion oblige – nul ne connaisse la couleur des billets que ceux qui gouvernent de haut la «France d’en bas» n’auront pas manqué de tirer de leur propre portefeuille ! Comme il n’est pas douteux qu’il en aille de même dans les autres pays nantis, méfiant, Max a donc préféré s’intéresser, en Suisse, au nouveau détenu politique pour délit d’opinion3.

 

« La Chute » (der Untergang)

 

A quelques détails près (même très diminué par six années de guerre, la maladie, les douteuses pilules du docteur Morell, les multiples et incessantes trahisons et les séquelles du putsch manqué du 20 juillet 1944, le chancelier du Reich n’était pas prognathe et n’avait pas l’occiput en forme de casque aérodynamique de coureur cycliste moderne), le portrait d’un Hitler confronté à la ruine finale de ses espoirs, à l’évidence mathématique de la défaite de ses armées et aux «virages byzantins»4 de quelques-uns de ses paladins est réussi. La reconstitution de ce qui a dû se passer dans le «Führerbunker» sonne juste avec son mélange d’humain, d’inhumain, de dramatique, de dérisoire et de sublime. Bien sûr, il y a les inévitables passages obligés sans lesquels aucun film sur le sujet ne pourrait voir le jour, et qu’il serait imprudent de relever ici, mais que les spectateurs identifieront aisément. Et quelques blancs, aussi… Le rôle des «Européens», Belges, Français, Hollandais, Norvégiens, sans oublier une poignée d’Espagnols, dans le dernier carré de défense de la Chancellerie est passé sous silence et le spectateur n’a aucune idée des exactions des secondes vagues mongoles suivant d’instinct les admonestations patriotiques, hystériques et enflammées, sauvages, sanglantes et orgiaques du poète (!) stalinien Ilia Ehrenbourg. Il ne faudrait tout de même pas indisposer les partis communistes. Cependant, refusant de tomber dans le piège du pathos, Oliver Hirschbiegel nous laisse entrevoir une image réaliste des dernières élites du Reich, indélébilement liées par leur serment au Führer. Serment devenu absurde devant l’ampleur du sacrifice de l’Allemagne, mais que ses prestataires honoreront jusqu’à l’annonce désespérante et libératrice de sa mort. Dans une ambiance de «Götterdämmerung», les spectateurs comprendront qu’à Berlin, entre mi-avril et le 8 mai 1945, pour un bon tiers du monde, et pour pas mal de temps, les jeux ont été faits...

 

Concise, incorrecte (et incorrigible) Iris

 

Iris observe le chauffeur d’un «trente-tonnes» d’origines indéfinissables (les deux !) autant qu’improbables, mais à la raison sociale d’un des innombrables pays nouvellement bienvenus en Union Européenne. Un peu inquiète quant à l’aptitude à conduire de celui-ci, elle commente : «Mais d’où vient donc ce type ?» Après un temps de réflexion, et devant l’incapacité de Max à pousser plus loin l’identification :

«La moitié d’une moitié, qu’est-ce que ça donne ? Le quart de rien du tout !»

 

« Possono cantare la canzonetta, finiranno bene per pagare. »

 

Le cardinal Mazarin avait raison, qui légua à sa mort une immense fortune à la France tout en ayant établi sa primauté mondiale : les sujets du roi avaient beau chansonner le ministre, ils finissaient bien par payer. De toute évidence, les grands argentiers de nos démocraties ont fait leur cette constatation, mais n’est pas Mazarin qui veut, et les peuples qui les paient feraient bien de s’enquérir de ce que ceux-ci vont leur laisser.

 

«Le communisme est-il mort ?» (par André Franzé)5

 

A lire absolument, pour ceux que des mouvements simultanés d’aspirations mondiales et d’apparences contradictoires interloquent encore. En 52 pages d’une analyse limpide, l’auteur répond à une question cruciale toute d’actualité. Et livre, entre autres clefs, le programme communiste d’après dix-sept  sous la parure, alors rassurante, de «socialisme» : «L’unification contrainte de l’humanité». Le lecteur comprendra aisément de quoi sont faites les mâchoires de la même tenaille qui, patiemment et implacablement, achèvent d’enserrer les peuples dans leur étreinte… A rapprocher de ce particulier au patronyme (autocensuré) caractéristique qui déclarait devant une caméra de télévision, peu avant la seconde grande ruée sur l’Irak, pour les mauvaises raisons que l’on sait : «Nous imposerons la démocratie au monde entier, dussions-nous, pour cela, faire la guerre aux peuples qui la refusent».

 

Zoé

 

… n’a pas tout à fait sept ans. C’est une petite fille d’une intelligence et d’une capacité d’intuition si exceptionnelles qu’elle finirait par vous faire accepter l’idée d’une réincarnation. Avec sa vingtaine de petits livres, elle quadruple l’effectif de la bibliothèque familiale. A son intention, Max songe à l’élaboration d’un livre pour enfants qui s’intitulerait :

« J’apprends à lire à mes parents ».

 

Max l’Impertinent

 

 

1. Par décision de Bruxelles, l’euro, contrairement à ses centimes, est invariable… Mais rassurez-vous, les administrations françaises – la Poste, en particulier – ignorent cette particularité dans leurs formulaires.

2. Avec ce que cela sous-entend d’incertitude, sachant que l’Iran a reçu, à ce jour,  moins de 10% du milliard de dollars promis par l’aide internationale, après la destruction de Bam (26.12.2003)…

3. Coordonnées sur demande.

4. Cette expression exquise est de Céline.

5. A commander au Mouvement Chrétien Conservateur Valaisan, CP 200, CH-1926 FULLY, contre paiement de CHF 10.-- au CCP. 19-18534-0, ou via Rivarol, Paris (rens. au 01 53 34 97 97).

 

 

Au courrier

 

 

Monsieur le Rédacteur,

 

         Nous avons payé par virement notre abonnement à votre journal pour l’année 2005.

 

         Je me suis retenu d’ajouter un petit supplément au montant dû de Fr. 35.-. Cette retenue est justifiée par les regrets que j’ai eus de lire dans vos lignes que M. Broulis est un cancre. Il est conseiller d’Etat et nous devons le soutenir au lieu de le mépriser. J’exprime mes regrets pour cela.

 

         Par contre, j’approuve et je vous félicite d’avoir été encourageant et élogieux pour Martin Chevallaz. Je pense que nous avons tous deux les mêmes regrets d’habiter un canton qui vote à gauche.

 

         Je vous prie de croire, Monsieur le Rédacteur, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

M.N.

 

***

 

         Monsieur,

 

         J’approuve entièrement le contenu de votre article «Il faut dissoudre Pro Helvetia», à l’exception toutefois d’un passage : celui où vous citez Béla Bartok.

 

      Comme la phrase est tournée, il est mis au même niveau que Pipilotti Rist ou Robbe-Grillet, soit dans la catégorie des artistes loufoques et/ou au langage abscons.

 

      De plus, à votre ton ironique, on croit comprendre que vous vous tenez plutôt du côté du «peuple ignare, inculte et grossier», donc que vous préférez aussi Alain Morisod à Bartok. Libre à vous, mais permettez-moi de préciser ce qui suit : il ne fait pour moi aucun doute (et je suis très loin d’être le seul !) que le compositeur hongrois est un des génies musicaux du XXe siècle, que sa musique est d’un accès il est vrai parfois difficile (les Quatuors notamment), mais nullement hors de portée du commun des mortels un tant soit peu intéressé par la musique (voir le succès de son Concerto pour orchestre), qu’il a passé ses premières années (en compagnie de son compatriote Zoltan Kodaly) à parcourir les campagnes de Transylvanie et à recueillir d’innombrables chansons traditionnelles, vaste trésor que le communisme, notamment, a anéanti, et qu’enfin sa musique est profondément enracinée dans le terreau populaire. Vous aurez compris, je crois, qu’on a affaire à un artiste d’une autre dimension que l’insignifiante Pipilotti Rist et qu’il ne mérite nullement d’être mis au même niveau !

 

      Ceci précisé, je continuerai, Monsieur, à vous lire avec plaisir et vous adresse l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

F.M.

 

 

 

Aliénations sans limite !

 

 

 

«La civilisation moderne est parfaitement en mesure d’amener peu à peu le citoyen à troquer ses libertés supérieures contre la simple garantie des libertés inférieures : le droit à la liberté de penser (devenu inutile, puisqu’il paraîtra ridicule de ne pas penser comme tout le monde) contre le droit à la radio ou au cinéma quotidien.»

 

Georges Bernanos

 

         Pendant qu’en Belgique, après les propos hasardeux de l’héritier de la Couronne sur un parti de droite flamand exécré par tous les bien-pensants, et les vœux du roi Albert II, on pérore, dans la presse, sur le devoir de réserve des princes et sur les limites constitutionnelles assignées aux opinions publiques du monarque, en France voisine, où il n’est plus même question qu’un Français de souche s’éternise à l’Elysée, voici qu’un fils d’immigré hongrois, de mère juive originaire de Salonique, se forge une stature présidentiable non pas seulement en investissant le parti du président qu’il veut renverser, mais en allant chercher ses cautions dans la Cité juive américaine et à Jérusalem. Nicolas Sarkozy réussit le tour de force de passer à droite de Jean-Marie Le Pen  pour la sécurité des Français et d’être le plus actif artisan de l’émancipation de l’islam en France, où les islamistes dominent les organisations représentatives des musulmans de France ! En démocratie de masse, plus les supercheries sont grosses, mieux elles passent.

 

         Il n’y a pas moins idéologique ni plus mesuré dans ses propos comme dans ses actes, en Suisse, et plus raisonnable, que notre conseiller fédéral UDC Christoph Blocher. Les rats de la presse de masse ne se privent pas pour autant de le cantonner dans l’extrémisme (en ont-ils besoin !… à ce point ?) comme l’a fait le rédacteur en chef de L’Hebdo dans son éditorial du 23 décembre écoulé, osant le comparer à cet idiot de Thomas Hirschhorn : «Blocher et H., même combat»… On peut difficilement faire mieux dans la démagogie. Et dans la haine impuissante. C’est la version «soft» du fanatisme islamiste.

 

         Tous les cuistres de l’antiracisme tiennent à tout prix à transformer la scène politique en ring, s’autorisent tous les coups bas, excluent toute réplique et récusent tout arbitrage. Avec ça, ils se disent et répètent «parfaits démocrates», à condition, bien entendu, d’écouter les homélies de François Chérix sur les méfaits de la démocratie directe. Le peuple n’est digne d’être écouté que dûment chapitré et gavé de désinformation. Et encore ! En manipulant ses volontés à discrétion. Aujourd’hui, les soviets sont dans les rédactions des journaux à grand tirage.

 

         Mais il y a des choses que ne nous disent pas ces sinistres coquins. On sait pourquoi. Alors disons-les nous-mêmes !… Je crois savoir qu’au Danemark, les musulmans, qui ne représentent que le 4% de la population du royaume, cumulent la majorité des condamnations pour viols (de non-musulmanes en plus !), la plus grande part des indemnités de chômage et le 40% des dépenses de l’assistance sociale. On dit aussi qu’ils y favorisent l’agitation anti-juive, pratiquent le mariage forcé et – mais on me répliquera sans doute que dans de telles circonstances le contraire serait surprenant – qu’ils annoncent déjà que ce pays sera islamisé lorsqu’ils  y auront atteint la majorité ! La Turquie le sait, qui n’a plus même besoin de reconnaître l’un des membres de l’Union européenne, Chypre, pour négocier sans préalable, nonobstant l’opinion contraire publiquement émise par le président de la Commission, Monsieur Barroso, son entrée dans un ensemble qui ne doit à aucun prix, nous dit-elle par le premier ministre turc, rester un «club chrétien» (mais les laïcistes français gardent néanmoins toutes leurs illusions !).

 

         En Suède, la police ne maîtrise plus la situation dans la troisième ville du pays, Malmö, où des gangs d’immigrés musulmans font la loi. On y reconnaît officiellement que les viols perpétrés par cette minorité sur les filles du pays (viols collectifs en plus) sont fréquents. En Grande-Bretagne, il s’est trouvé un éditeur pour publier ce genre de littérature de propagande d’un groupe islamiste : «Le terrorisme est obligatoire en islam contre les ennemis d’Allah.» et «Le djihad et le fusil, pas de négociation, pas de conférence, pas d dialogue.» Les crétins conciliaires et Jean-Paul second sont avertis ! Mais n’ont-ils pas ce qu’ils méritent ? En Hollande, le Néerlandais d’origine marocaine qui assassina Théo Van Gogh, lui criant : «Ne faites pas cela ! Pitié !», osa lui répondre… : «Il n’y aura pas de pitié pour l’impie !» Est-ce clair ? La liberté religieuse est une sinistre plaisanterie, une hérésie et une imprudence politique énorme à l’égard de l’islam en Europe.

 

         En Italie, des femmes se battent pour maintenir les crèches de Noël dans des écoles, contre les adeptes de la secte islamique, propagandistes d’un «dieu» «miséricordieux» et «bon»… Tu parles ! En Espagne, le gouvernement de la province d’Aragon, à la demande de la communauté musulmane locale, supprima les têtes de Maures de son blason. Tout un symbole ! Et pas unique ! Chez eux enfin, en Iran, on pendit en 2004 une jeune fille de 16 ans, victime de harcèlements sexuels, après un procès expéditif où la pauvre n’eut même pas droit à l’assistance d’un avocat. Me Gisèle Halimi n’a pas fait entendre un mot de protestation… Ni Jean-Paul II d’ailleurs ! Au Pakistan, une autre jeune fille du même âge fut décapitée au couteau par deux de ses frères sur le seul soupçon d’avoir entretenu une relation avec un de leurs cousins ! La police a classé l’affaire. Cela aussi se pratique chez nous pour des crimes, même s’ils ne sont pas de sang. Dans tous ces cas, les journalistes occidentaux désinforment le public par leur silence. Ils étouffent ce genre d’affaires, gênantes pour l’idéologie qu’ils cherchent à imposer aux populations d’Europe. Mais ces accommodements ne les dispensent nullement de nous faire la morale sur leurs thèmes favoris, les droits de l’homme, l’égalité des sexes et l’Etat de droit démocratique.

 

         Faut-il donc s’étonner qu’avec des hommes si peu consistants des paroles très raisonnables et raisonnées d’un Bruno Gollnisch récoltent l’insulte et l’acharnement vengeur, voire haineux, jusque dans l’Université et des ministères de la République ? A ce propos, précisément, pourquoi ne pas poser encore ces questions si simples :

 

         1. Le traitement des juifs, ainsi que la participation des juifs à ce traitement, dans l’Allemagne hitlérienne, est-il une question d’histoire profane ?

 

         2. Si oui, est-il normal que des tribunaux aient compétence pour en juger, laissant libre toute opinion sur n’importe quel autre massacre perpétré durant l’histoire ?

 

         Et 3. Si oui, en vertu de quelles compétences extraordinaires un législateur quelconque peut-il décréter qu’une question d’histoire profane est un délit traitée dans un sens et une vérité d’Etat traitée dans un autre sens, se substituant d’autorité à la libre recherche d’historiens de profession ?

 

         Ne trouvons-nous pas là toute la substance nauséabonde d’un fanatisme public qui nous rappelle les-périodes-les-plus-sombres-de-notre-histoire ? Pour monter dans la carrière journalistique, il faut aujourd’hui être à la fois inculte et extrémiste, mais sans le laisser paraître. Auprès de masses, le procédé est très facile. Et l’instrumentalisation de ce genre d’hommes, encore davantage !

 

 

Michel de Preux

 

 

Rectificatif

 

Le mois dernier, j’ai commis une grosse bévue en dactylographiant l’article de Michel de Preux La loi de l’enfer ! : j’ai ajouté à la citation de Louis de Bonald une négation qui ôtait tout son sens à la démonstration de notre ami. Vous avez pu lire(*) : «On ne (c’est moi qui souligne) peut être modéré avec des opinions extrêmes (…)».

 

         Je republie donc la citation dans son contexte :

 

         Louis de Bonald définissait le secret de cette vaste supercherie dans cette réflexion : «On peut être modéré avec des opinions extrêmes. C’est ce qu’affectent de ne pas croire ceux qui sont violents avec des opinions faibles ou médiocres.» Derrière cette stratégie de la tolérance pour les opinions faibles ou médiocres et de l’intolérance pour les opinions extrêmes mais fortes parce que fondées, se révèle crûment l’égalitarisme, le rejet forcené, passionnel et totalement irrationnel, de toute supériorité de pensée, de religion, de morale. Le faux dogme de la tolérance religieuse permet d’étouffer dans l’œuf toute confrontation entre l’islam et la religion chrétienne, car il est hors de question que l’une puisse l’emporter sur l’autre quand bien même on n’utiliserait à cette fin que des critères admis soit par la science, soit par la morale naturelle, soit par la critique historique la plus exigeante…

 

         Ayant aggravé mon cas en ne relevant pas l’erreur au moment de la correction des épreuves, je suis carrément inexcusable. Je présente donc ici mes regrets.

 

M.P.

 

(*) C’est ce que nos lecteurs ont pu lire dans la version papier du Pamphlet. Dans la version Internet, la correction a été faite immédiatement et le texte de Louis de Bonald a été livré sans erreur : «On peut être modéré avec des opinions extrêmes. C’est ce qu’affectent de ne pas croire ceux qui sont violents avec des opinions faibles ou médiocres.»

 

 

Le droit de recours des associations

 

Dans une bricole du Pamphlet n° 336, en juin dernier, intitulée «Hardturm», j’ai dit déjà mon sentiment sur les recours prétendument abusifs des défenseurs de la nature, de l’environnement, des quartiers contre les permis de construire accordés généreusement par des municipalités plus soucieuses de rentrées fiscales immédiates que d’harmonie à long terme.

 

Dans son dernier bulletin Patrimoine lausannois, le Mouvement pour la défense de Lausanne1 rappelle opportunément les données du problème. L’auteur rappelle d’abord le contexte juridique : dans une procédure d’autorisation de construire, chacun est susceptible d’intervenir dans le cadre de la mise à l’enquête publique et peut ainsi faire valoir des observations relatives au projet. Si une opposition n’est pas prise en considération par l’autorité qui délivre le permis de construire, peu nombreuses sont cependant les personnes qui ont la possibilité de recourir, recours qui s’exerce en général en première instance auprès du Tribunal administratif. Le droit de recours appartient «à toute personne physique ou morale qui est atteinte par la décision attaquée et a un intérêt digne de protection à ce qu’elle soit annulée ou modifiée», comme l’exprime dans le canton de Vaud l’article 37 de la loi sur la juridiction et la procédure administratives.

 

La pratique jurisprudentielle du tribunal limite très strictement ce droit. Seules les personnes habitant à moins de quelques centaines de mètres d’un projet litigieux sont habilitées à intervenir. Pour les associations, n’ont droit de recours que celles qui sont explicitement autorisées par les lois ou ordonnances.

 

Rappelant ensuite l’engagement essentiellement bénévole des membres des associations qui défendent la nature, la flore et la faune ou le patrimoine bâti et le cadre de vie urbain, Patrimoine lausannois observe que théoriquement, ce sont les administrations publiques qui ont la charge de veiller à la compatibilité entre les décisions d’espèce et la législation. Mais ces administrations n’ont pas les coudées franches : hiérarchiquement subordonnées au pouvoir politique, par loyauté envers leur autorité de tutelle, elle n’ont bien souvent pas de moyen pour faire valoir les intérêts dont elles ont la charge.

 

Et le rédacteur de s’exclamer : «Combien de fois n’avons-nous dû constater qu’un délégué au patrimoine, des services de protection de la nature ou d’autres encore, ont dû renoncer à leur préavis négatif à l’encontre d’un projet par ordre supérieur».

 

Dans le canton de Vaud, les recours ne sauraient être qualifiés d’abusifs : ceux des associations ne représentent que le 5% des causes enregistrées à la Chambre des constructions du Tribunal administratif. Au niveau suisse, 60% des recours déposés au Tribunal fédéral par les associations sont admis. Au vu de ces deux chiffres, on constate bien que les recours des associations n’encombrent pas la justice, et d’autre part qu’ils sont majoritairement fondés.

 

Je ne méconnais pas que certaines associations, formées d’ayatollahs de la nature, s’opposent systématiquement à tout projet, pourtant digne d’intérêt public, si sa réalisation est de nature à déranger une famille de grenouilles ou une nichée de pinsons. Mais la capacité de nuisance de ces taliban écolos est générée exclusivement par la lenteur de fonctionnement ahurissante des tribunaux et par le blocage des projets engendré par l’effet suspensif.

 

L’intérêt économique des promoteurs de constructions diverses est sans doute digne de protection. L’intérêt des voisins et celui des protecteurs de l’environnement aussi.

 

Les autorités chargées de délivrer le permis de construire doivent faire la pesée des intérêts, mais elles ont bien souvent elles-mêmes un intérêt direct à autoriser la construction : création ou maintien d’emplois, retombées fiscales, sans compter les compromissions et le «copinage» avec les promoteurs, les architectes ou les patrons de l’entreprise de génie civil, que les municipaux retrouvent aux ressats du Guillon, aux dîners du Rotary, aux choucroutes du parti ou aux convents de la Loge.

 

Face à la Migros ou à l’association suisse de football, les voisins proches du centre commercial ou du stade, ainsi que les défenseurs de la gélinotte des bois ne pèsent pas lourd. Leur voix mérite néanmoins d’être entendue, et leurs intérêts pris en compte, à condition que la cause soit tranchée dans un délai raisonnable.

 

Il ne faut pas priver les associations de leur droit d’intervenir et de recourir, mais les tribunaux doivent être dotés de moyens suffisants pour rendre leurs arrêts dans un délai beaucoup plus bref qu’actuellement.

 

C.P.

 

1 Case postale 6929, 1002 Lausanne, www.mdl-lausanne.ch

 

 

 

Fiscalité

 

On entend dire, principalement à gauche, que pour redresser les finances, il faut faire payer les riches.

C’est une erreur maxime. Il faut au contraire s’en prendre prioritairement aux pauvres.

 

D’abord, les riches sont beaucoup moins nombreux. Ensuite, ils sont beaucoup plus mobiles. Dès lors, si vous tondez un riche avec excès, il vous file entre les doigts et va s’établir à Monaco, aux îles Fidji ou aux Bahamas. Un pauvre ne peut pas s’expatrier aussi aisément. Vous le tenez. Et c’est beaucoup plus facile, sans risque et finalement plus lucratif, de prendre 2 francs à mille pauvres que mille francs à un riche.

 

En outre, rien n’est plus démotivant pour l’esprit civique que de ne pas participer financièrement aux dépenses publiques. Celui qui ne paie aucun impôt ne peut avoir l’impression que les infrastructures lui appartiennent en partie. Il se moque de leur dégradation de même qu’il polluera sans vergogne, sachant qu’il ne participera en rien à l’assainissement nécessaire. En revanche, le riche contribuable sera plus soucieux de l’environnement, conscient qu’il sera seul à payer la facture de sa négligence éventuelle.

 

Pour conscientiser les masses laborieuses, rien ne vaut une fiscalité sévère pour les plus humbles revenus, qui sont aussi les plus nombreux.

 

Un autre avantage encore de ce système, c’est qu’il permet de conserver ad aeternam vitam une masse de contribuables à peu près constante, dont les revenus uniformément faibles permettent une projection assez exacte de la masse fiscale globale. Une ponction fiscale impitoyable sur les pauvres permet d’éviter que trop d’entre eux ne deviennent riches et échappent de ce fait à l’impôt. Les pauvres restent pauvres et ne cessent donc de contribuer.

 

Avec le système inverse, il arrive fréquemment que des riches sur les revenus desquels le ministre des finances comptait pour renflouer ses caisses, ne deviennent pauvres tout à coup et diminuent donc leurs contributions, voire en soient totalement dispensés, bouleversant ainsi les prévisions budgétaires. La taxation des riches est aléatoire. L’imposition des pauvres est plus sûre. Pour échapper à l’impôt, un pauvre devrait devenir subitement riche, ce qui est plus rare et plus difficile que le contraire.

 

C.P.