Lausanne 30e année           «ne pas subir»          Avril  2000 No 294

 

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En marge du procès Amaudruz
La guerre de l'esprit
Votations du 21 mai

En marge du procès Amaudruz

 

Puisque la Fédération suisse des communautés israélites, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme ainsi que l'Association des fils et filles de déportés juifs de France l'ont voulu, nul ne peut ignorer en Suisse romande que M. Gaston-Armand Amaudruz ne croit pas à l'existence des chambres à gaz homicides dans les camps du IIIe Reich.

Et comme l'article 261 bis du code pénal, en vigueur depuis 1995, interdit à quiconque de mettre en doute publiquement la réalité de ce modus operandi, Amaudruz devait être condamné à une peine privative de liberté et il l'a été. Une peine sans sursis, évidemment, puisque le condamné n'a manifesté, au cours de son procès, aucune espèce de repentance.

A la lueur d'un récent arrêt genevois, libérant un libraire du chef d'accusation de négationnisme au motif que n'est pas "publique", au sens de la disposition pénale précitée, la minimisation d'un génocide lorsqu'elle prend la forme de vente d'ouvrages non exposés en vitrine à ceux-là seuls qui en font la demande, la Chambre des recours du Tribunal cantonal aura sans doute à déterminer si Amaudruz a exposé ses thèses publiquement, dans un bulletin ronéotypé tiré à cinq cents exemplaires et expédié sous pli fermé à ses seuls abonnés, avant que les associations plaignantes ne lui offrent une tribune inespérée.

Dans une unanimité remarquable, la presse s'est réjouie de la condamnation du vieux raciste, et les rédacteurs commis à cette entreprise nous ont doctement exposé que le nouvel article du Code pénal ne limitait nullement la liberté de pensée, de croyance, ou d'expression et qu'en tout état de cause, des opinions aussi "obscènes", participant de l'"imposture évidente" soutenue par un "vieux schnock" qui devrait être lui-même gazé à Auschwitz ne peuvent être le fruit que de la "simple bêtise".

Une seule voix discordante, dans ce concert unanime de louange à la répression des opinions hétérodoxes : celle de M. Claude Monnier, directeur du "Temps stratégique" et invité habituel de "24 Heures". Dans sa chronique du 18 avril, Monnier avoue que la vindicte populaire et journalistique le met "mal à l'aise". Non, sans doute, que cet auteur partage les opinions du condamné, qu'il qualifie lui-même d'"odieuses", mais parce qu'il n'appartient pas au juge, selon lui, de fixer définitivement un point d'histoire et d'empêcher dès lors que ce point soit sujet à controverses, comme il est gênant que la loi ait institué dans les faits une protection particulière, parmi tous les peuples victimes d'un génocide, des Juifs qui de ce fait deviennent "intouchables".

Mme Brigitte Sion, l'infatigable secrétaire générale du Comité international contre l'antisémitisme et la diffamation se devait de réagir, ainsi que M. François Garaï, rabbin de la communauté israélite de Genève, et quelques autres lecteurs, en des propos d'une extrême virulence publiés dans le courrier des lecteurs de l'estimable et dodu quotidien vaudois.

Pour Mme Sion, dire de la Shoah qu'elle est une "version obligatoire", la comparer à une "religion obligatoire" et évoquer Galilée "est proprement obscène".

Pour M. Alexandre Habay, le texte de Claude Monnier "est à vomir", son parallèle entre la recherche historique et la recherche médicale est "lamentable", sa chronique aurait dû être publiée "dans un quelconque torchon d'extrême-droite" et il est "consterné par cette malhonnêteté intellectuelle".

Quant au rabbin Garaï, il estime qu'évoquer l'évolution de la connaissance historique est une "macabre fourberie".

Finalement, pourquoi tant de haine ?

C'est Mme Sion qui l'explique et son propos ne peut être pris à la légère :

"Si le Tribunal fédéral a jugé bon d'inscrire la réalité de la Shoah dans la jurisprudence, c'est pour protéger la dignité humaine des générations passées et avenir : empêcher que l'on nie la mort de millions de victimes pour le seul fait de leur naissance, empêcher que l'on minimise les souffrances des survivants, empêcher que l'on prive les descendants de leur histoire et toute une communauté de sa mémoire. Voilà l'atteinte à la dignité humaine…"

C'est donc là le nœud de la question. Il importe peu, finalement, de savoir si les chambres à gaz homicides ont réellement existé ou non dans la réalité des faits. Il suffit de constater que la remise en question de cette existence, qu'elle soit justifiée au regard de la recherche historique contemporaine ou qu'elle soit inacceptable en considérations des "innombrables témoignages" attestant de leur réalité, que cette remise en question est ressentie par les survivants de ce drame comme une "minimisation de leurs souffrances", par les descendants de ces derniers comme une "privation de leur histoire" et par toute la communauté juive comme une atteinte à sa "mémoire".

Une telle position est infiniment respectable et elle a le mérite de chasser le révisionnisme du terrain sur lequel il prétend se placer, celui de la recherche historique, pour envisager le problème sous l'angle de la dignité humaine. Et sur ce terrain-là, Mme Sion a certainement raison. S'il est psychologiquement insupportable aux fils et filles de déportés juifs de France d'envisager que leurs parents pourraient éventuellement n'être pas morts dans une chambre à gaz, mais d'une autre cause, par exemple de malnutrition, de mauvais traitements, ou d'une balle de pistolet, il ne faut pas augmenter leurs souffrances par une atteinte à leur "mémoire" et il faut donc cesser toute discussion historique sur cette affaire.

Que le Tribunal fédéral nous fasse connaître, à sa plus proche convenance, les chapitres de l'Histoire soustraits à la recherche critique, les faits et les événements dont la réalité est "inscrite dans la jurisprudence". De cette façon, aucun historien ne perdra son temps à entreprendre des études sur des périodes desquelles une connaissance parfaite et définitive est déjà acquise et dont la remise en question constituerait une "macabre fourberie", de surcroît blessante pour une communauté particulièrement digne de protection.

 

Claude PASCHOUD

 



La guerre de l'esprit "Il faut non pas s’agiter pour montrer aux foules des gestes non authentiquement chrétiens, dont, au fond, elles se fichent, mais ramener les élites, en commençant par les meilleurs. Quand il est devenu patent que la foi et la valeur intellectuelle vont de pair, les foules devront bien suivre, et on les ramènera parce qu’on ne sera plus tenté de les amadouer en hurlant avec elles. – Qui nous guérira de la maladie des propagandes de masses ? – On veut pouvoir se vanter d’effectifs très nombreux. Rappelons-nous que quelques justes avaient sauvé Sodome. – Quelques âmes de choc, magnifiques, me paraissent bien plus efficaces pour la cause du Christ que ces innombrables troupes J.O.C., orgueilleuses et pharisiennes dans leur ensemble. "

Général Pierre Vernotte,

lettre du 1er juillet 1947

 

Rien de décisif pour les sociétés ne surviendra tant que leurs élites n’auront pas été touchées et spirituellement transformées. Ce qui est vrai pour la culture en général l’est également pour la religion. Rome ne fut sérieusement ébranlée dans son paganisme multiconfessionnel à base multiethnique qu’une fois atteint son pratriciat historique par l’unique internationale qui préserve la particularité des peuples, l’internationale des plus hautes valeurs de l'esprit, restaurée par le catholicisme. Et qui dit catholicisme, dit dogmatisme et intransigeance doctrinale sur l’essentiel de la croyance religieuse. Sur le territoire même de la Gaule romaine, ce fut l’aristocratie gallo-romaine, pourvoyeuse d'évêques de qualité remarquable et de chefs politiques avertis, qui, en misant sur le païen Clovis, ouvrit la France à son destin de fille aînée de l’Eglise. Ce sont là des faits, et contre les faits, il n’y a pas d’argument… La perte d’identité des peuples vient d’une crise d’identité dont les pouvoirs dévolus aux masses par la démocratie moderne sont les agents principaux. En se mettant à leur service, les pseudo-élites modernes (technocrates-gestionnaires, hommes politiques du credo officiel et diplomates de même obédience, clercs de l’université et des églises de croyances indéfinies, hiérarchies ecclésiales et grands maîtres tacites des dogmes nouveaux) inversent le sens de leur devoir et ne font qu’accroître le chaos. Dans ce gigantesque désordre établi, les parasites pullulent et font fortune. L’un de leurs domaines de prédilection, en dehors de la foi catholique, qu’il s’agit de détruire de fond en comble et patiemment (1), est l’histoire du national-socialisme allemand. Contrairement aux apparences, ce n’est pas tant le nazisme en tant que tel qui intéresse ces mercenaires de l’erreur que les formes conservatrices de la vie sociale qui se cachent derrière lui et avec lesquelles ces imposteurs entendent le confondre dans un même opprobre collectif. Il s’agit aussi pour ces mercenaires de l’erreur de dresser un écran permanent voilant, au nom d’un antinazisme de pure convention (2), tout révisionnisme de l’histoire officielle des partis communistes, en entravant le jugement de leurs adeptes passés et présents. Le pouvoir dévolu aux masses par la démocratie moderne constitue un excellent terreau pour ce genre de manipulation collective.

On ne commencera à inverser le sens du courant nous précipitant vers l’autodestruction des peuples d’Occident qu’en abandonnant résolument pour le long terme et dans le cadre de la vie de l’esprit toute préoccupation d’ordre démocratique, toute complaisance envers les courants d’opinion véhiculés par la presse et les maisons d’édition, quelles que puissent être leurs forces numérique ou financières. La guerre de l’esprit n’a besoin ni d'armature technologique perfectionnée à la pointe des dernières acquisitions techniques dans la communication, ni de partis politiques de masse, ni de fausses religions ou de bons sentiments, ni même de consensus universitaire ou lettré. La guerre de l’esprit se mène uniquement par la pratique des valeurs de l’esprit et n’a besoin que d’un minimum d’assise économique et sociale auprès des élites véritables et des gens courageux de toutes conditions et formations professionnelles ou intellectuelles.

L’un des exemples suisses les plus caractéristiques de cette guerre de l’esprit, la seule qui soit décisive par elle-même, est menée notamment par deux protestants, un bâlois et un vaudois, Messieurs Jürgen Graf et Gaston-Armand Amaudruz, ainsi que par un valaisan, Monsieur René-Louis Berclaz. Ces personnes honorables ne se battent point pour un quelconque enjeu de pouvoir, de carrière ou de prestige personnel. Elles se battent pour une vérité d’histoire à laquelle elles croient non par des motifs de préférence subjective ou partisane – ce qui les sépare des politiques, y compris dans les rangs des partis de droite nationale – mais parce que cette vérité peut être démontrée objectivement, qu’elle est donc accessible à tous et qu’elle engage la bonne ou la mauvaise foi de chacun qui entend émettre un avis autorisé sur elle. Tout l’intérêt moral et philosophique de la cause révisionniste tient à la nature objective des vérités défendues. Hors de ces vérités et de leur objectivité démontrable, le révisionnisme n’aurait aucun intérêt.

On comprend, dans le contexte de subjectivisme moral et d’idéalisme philosophique ambiant, que ce type de combat, mené en France notamment par le professeur Faurisson, exaspère nos pseudo-élites contemporaines, qui fondent leur propre domination sur les masses précisément sur le relativisme de toute vérité, de tout principe, afin d’en adopter et d’en changer à loisir, selon les circonstances, et de n’être liées par rien, en fin de compte, que leurs intérêts privés et particuliers, d’où le discrédit concerté pour toute manifestation de piété patriotique ou religieuse, car là aussi des valeurs suprapersonnelles et de nature objective engagent la bonne foi de chacun…

Des hommes tels que ceux dont nous parlons ici sont des espèces de saints laïcs que l’on traîne devant les tribunaux où s’avancent avec majesté tous les successeurs philistins du grand-prêtre Caïphe ou de Mgr Cauchon. Les races de vipère jugent les héros de notre temps d’après guerre ; les sépulcres blanchis assassinent la vie de l’esprit, qui réclame la liberté comme un bien et comme un dû, puisque son titre exclusif en est la recherche et la preuve à administrer. Il ne faut pas beaucoup de science pour comprendre que ce contre quoi luttent les révisionnistes, et notamment la lâcheté des milieux universitaires, pour lesquels Jürgen Graf a décidément bien des indulgences(3), intéresse au premier chef l’Eglise. Or c’est justement ce centre d’intérêt-ci qui est actuellement déserté par une hiérarchie qui n’a de catholique que le nom usurpé, et par son chef, sorte de Judas à qui nous pourrions opposer avec justice cette parole de Léon Bloy adressée à Benoît XV : "Les tout petits ont demandé du pain et il n’y avait personne pour leur en donner. Nous n’avons plus de père, diront demain les enfants innombrables du successeur de Pierre, et ce sera une tempête de pleurs par toute la terre. On pourrait accepter en gémissant tous les maux imaginables, les privations les plus noires, les tourments infinis de l’incertitude et la menace de la mort, mais comment se passer de ce pain surnaturel demandé par les petits, l’assurance ferme d’avoir en ce monde un père visible représentant Celui qui se cache dans les cieux ? Vraiment c’est trop ! Ce calice n’est pas possible. Un tel surcroît ne peut être infligé à des pauvres créatures déjà écrasées. Et cependant ce malheur suprême est notifié par le Pape lui-même, par celui qu’on nomme le Saint-Père et qui dit implicitement à tous ceux qui mettaient en lui leur espérance : "Ne comptez par sur moi. Je sais bien que vous m’avez été confiés et que je dois répondre un jour de toutes vos âmes qui me sont chères. Mais la politique me force à les sacrifier. Il m’est impossible de vous paître et de plaire en même temps aux maîtres du monde. Je vous rends donc votre liberté -–qui est donc une liberté de perdition, ajouterai-je ici – Tous les pâturages vous sont ouverts"(4).

Avec Jean-Paul II, la prescience de Léon Bloy s’est élargie au-delà de tout ce qu’il pouvait seulement imaginer. Songeons simplement que celui qui, le 14 mai dernier (1999), baisa le Coran, estime aussi que les Pères du Concile de Trente n’ont rien compris à la Réforme de Luther et à sa théologie de la justification, si l’on en croit l’organe le plus officiel du Vatican, l’Osservatore Romano(5). La chose est tellement stupéfiante qu’un docteur de l’Institut catholique de Paris, le fr. Ansgar Santogrossi, O.S.B., a pu écrire : "Si la Déclaration conjointe et la Déclaration officielle commune de diversité réconciliée sont incompatibles avec l’adhésion au magistère solennel de l’Eglise, alors leur signature par le cardinal Cassidy n’est pas un acte d’Eglise, et aucun catholique fidèle au magistère, au sens surnaturel de la foi et de la droite raison, ne peut tomber d’accord avec ces documents"(6).

"Fidèle au sens surnaturel de la foi et de la droite raison" : tels sont bien les combats actuels, en philosophie comme en morale et en théologie. Nous sommes conduits de force, par la divine Providence, à la réfutation radicale du protestantisme ou à son admission intégrale par une Eglise qui usurpe le nom de catholique et de romaine. Mais pour mener le combat "conciliaire", qui est aussi le combat antirévisionniste sur le plan séculier, il faut déstabiliser l'homme dans ses facultés propres, celles qui le distinguent de l’animal : la foi pour la religion, et la droite raison pour les objets de connaissance naturelle et métaphysique. Les révisionnistes défendent les droits légitimes de la raison humaine. Ils sont à ce seul titre dans le "camp de saints". Les traditionalistes catholiques se doivent de voler à leur secours non pas seulement contre une hiérarchie progressiste apostate, mais contre le silence de leurs propres évêques, car c’est en prenant la défense des droits séculiers de la raison discursive que l’on assure avec prudence et précaution, dans un ordre de valeurs juste, ceux de la foi, de la libre expression de celle-ci dans son intégralité. Qui ne saisit pas ce lien a déjà fait un pas décisif vers le protestantisme et le modernisme.

Les ennemis des uns et des autres le savent, qui veulent poursuivre le combat engagé par le Concile Vatican II en le poussant à ses ultimes conséquences pastorales et doctrinales : "Plus jamais l’Eglise de Rome ne retrouvera la primauté dont elle a joui pendant des siècles, quel que soit l’acharnement avec lequel le Vatican défend son principe de vérité absolue" : voilà le dernier mot diffusé à la fin d’une série de trois émissions sur l’Eglise de Rome par la chaîne télévisée "Planète" au mois de mars dernier. Les ennemis de la foi et de la raison droite sont plus insolents que jamais, certes. Mais il ne fait aucun doute que toutes les déclarations de repentance que l’on voudra ne suffiront pas à les apaiser. Il leur faut une capitulation en règle ; il leur faut une capitulation totale.

Nous, sommes, quant à nous, avec nos gens, prêts au combat, contre eux tous, avec la grâce de Dieu et l’appui de Marie.

 

Michel de PREUX

 

(1) Voir à ce propos le dossier réuni par le quotidien roman "Le Temps" (édition des jeudi et vendredi 20 et 21 avril 2000) sous le titre : "Et les Juifs se penchèrent sur Jésus leur fils…" où la résurrection est prudemment passée sous silence !

(2) Car l’eugénisme national-socialiste allemand se pratique aujourd’hui en Suède dans le silence général et avec la complicité au moins passive de toutes les "Eglises" !

(3) L’avarice et le goût du confort matériel ne sont pas les seules causes du désintérêt officiel des professeurs d’université pour le révisionnisme. Derrière ces défauts seconds se cache une crise plus profonde de l’intelligence qui pratique le mépris du réel.

(4) Texte inédit de Léon Bloy sur Benoît XV et cité dans "Un écrivain pour l’an 2000 : Léon Bloy" par René Lacroix-à-L’Henri, Bordeaux 1977, page 89 (à compte d'auteur).

(5) Mgr Walter Kasper, Secrétaire pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, O.R. du 20 janvier 2000.

(6) Revue internationale "Catholica" no. : 66 (Hiver 1999 – 2000), consacré au thème général de "La politique, la raison et la foi" et en particulier à l’analyse d’un accord "Luthériens et catholiques", page 68 : "un accord œcuménique en faux-semblant". Cet article cite également un extrait d’une déclaration faite par le cardinal Edouard Cassidy selon laquelle les condamnations prononcées par le Concile de Trente sur les thèses luthériennes en matière de justification sont caduques (Documentation "catholique", 2 août 1998, page 717.


Votations du 21 mai

 

Canton de Vaud

"Le Grand Conseil, le Conseil d'Etat et l'Union des communes vaudoises ont largement approuvé la nouvelle péréquation financière", se vante le Message du Conseil d'Etat, contre laquelle un referendum a été lancé, et qui devra de ce fait être approuvée ou rejetée par le peuple, le 21 mai prochain.

Le comité référendaire, auquel nous avons offert notre soutien, a excellemment démontré que cette "machine à brasser les impôts communaux" est totalement démesurée par rapport aux buts qu'elle prétend vouloir atteindre : s'il s'agit de tempérer l'impôt là où il est trop haut (soit dans 63 communes), il suffirait de 4,3 millions. Or la "machine" imaginée par l'Etat commencerait par aspirer 218 millions pour les redistribuer ensuite, principalement (172 millions) à leur expéditeur.

En outre, le système aurait ceci de pervers que plus une commune augmenterait son taux d'impôt, plus elle toucherait d'argent du fonds de péréquation, ce qui n'inciterait pas les édiles à la modération.

Résolument : NON !

 

Accords bilatéraux

Les accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne ne sont pas, sans doute, un bien en soi. Et ceux qui en dénoncent les faiblesses ne méritent pas les étiquettes infâmantes qui leur sont attribuées par les thuriféraires de la "globalisation", du néo-libéralisme et de l'économie planétaire intégrée.

Il n'en reste pas moins qu'ils revêtent un avantage énorme : plaçant notre pays dans une situation économique proche de l'intégration, sans nous imposer pourtant les institutions politiques de Bruxelles, l'approbation des accords - et leur mise en œuvre réussie - ferait perdre tout intérêt à une adhésion de la Suisse comme membre de l'Union, car elle n'aurait alors (presque) rien à y gagner et (presque) tout à y perdre.

Il est nécessaire dès lors que tous les adversaires les plus farouches de notre intégration au sein des institutions politiques de l'Union, telles qu'on peut aujourd'hui les admirer dans leur inefficacité cacophonique, acceptent les accords bilatéraux, ce qui aura pour vertu de renvoyer aux calendes grecques le débat sur notre adhésion.

En outre, plus seront nombreux les "anti-UE" qui approuveront les bilatérales, et moins il sera légitime aux euromaniaques de se prévaloir d'un vote positif en l'interprétant comme un encouragement à accélérer le processus d'adhésion.

Je voterai pour les bilatérales, parce que l'acceptation de ces accords nous permettra d'éviter l'adhésion.

C.P.