Un provisoire qui dure

Un couple de malheureux Somaliens a été admis dans le canton de Vaud à titre «provisoire» (permis F) en 1997, sa demande d’asile ayant été rejetée. Ces braves gens, aujourd’hui âgés de soixante-huit et cinquante-deux ans, se sont révélés incapables d’apprendre le français et vivent de l’aide sociale depuis vingt ans. Sans doute par reconnaissance et souci de participer à la lutte contre la dénatalité qui frappe notre beau pays, ils ont conçu, en plus des trois enfants qu’ils avaient amenés avec eux, trois autres bouches à nourrir… par nos soins.

Arguant du fait que leurs enfants ont obtenu la nationalité suisse, ces bons parents ont, paraît-il, sollicité l’octroi d’une autorisation de séjour (permis B). Le Tribunal cantonal s’est opposé à cette demande d’entérinement d’une situation qui dure depuis deux décennies, au motif que «le couple n’a pas tout mis en œuvre pour prendre part à la vie économique et sociale en Suisse»1.

En fait, selon toute apparence, le couple n’a rien mis en œuvre du tout. Mais qu’on se rassure sur son sort: si le statut du couple reste provisoire, le provisoire peut durer toute une vie, selon le porte-parole du Service vaudois de la population (SPOP), car «cela équivaut à une autorisation de séjour. (…) Et le fait de ne pas obtenir de permis B n’implique en rien un renvoi rapide de Suisse.»

On se demande bien à quoi sert le système des permis dans ces conditions.

On se demande aussi si l’étalage de ce genre de scandale dans la presse ne contribue pas à entretenir une certaine mauvaise humeur chez les contribuables, en particulier ceux qui sont juste trop «riches» pour bénéficier eux aussi de l’aide sociale, mais peinent à nouer les deux bouts.

M. P.

 

1 http://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/Le-permis-B-refuse-a-des-parents-de-citoyens-suisses-22672990.

Thèmes associés: Immigration - Justice - Politique vaudoise

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