Robert Moulin

Nous avons reçu le dernier opus de Jean-Philippe Chenaux consacré à Robert Moulin et son temps1. Le temps nous manque pour rendre compte de cet ouvrage de neuf cent vingt pages, qui ne se lit pas d’une traite comme un roman policier, mais qui se déguste comme une friandise, chapitre par chapitre. La densité des informations et les notes de bas de page en font une œuvre de bénédictin comme l’auteur a coutume d’en produire, quel que soit le sujet traité.

La vie du colonel Moulin, professeur, conférencier, engagé dans tous les combats politiques de l’entre-deux-guerres, la plupart du temps aux côtés de la Ligue vaudoise, fait revivre des épisodes d’histoire contemporaine et des acteurs que nous avons connus de près, parmi lesquels Marcel Regamey, Alphonse Morel, Jules Faure et bien d’autres.

En lisant les pages consacrées aux grands débats politiques auxquels Moulin a prêté son immense talent, on mesure l’affadissement de la conscience civique aujourd’hui. Plus de grandes assemblées publiques à la salle des Cantons où la Ligue vaudoise réunissait sans coup férir trois cents personnes, plus de controverses journalistiques musclées… notamment parce que plus de journaux de partis. Les débats contradictoires sont limités aujourd’hui aux commentaires laissés sur internet, aux réactions de vos amis Facebook.

Robert Moulin, père du journaliste Jean-Pierre Moulin, est mort prématurément à l’âge de cinquante-deux ans, avant la fin de la guerre. Nul doute que le canton de Vaud a perdu, en 1942, un homme exceptionnel, dont le charisme nous manque.

C. P.

 

1 Préface de Jean-Jacques Langendorf, éditions Infolio, fr. 49.-.

Thèmes associés: Notes de lecture - Politique vaudoise

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