Le sectaire Bergoglio

«Si je continuais à vivre, jamais je ne pourrais rester sur les hauteurs où je suis parvenu. Mieux vaut que je meure.»

Jacques Fesch, guillotiné le 1er octobre 1957 à l’âge de vingt-sept ans.

Lors de l’Angélus dominical donné depuis les appartements privés du pape à une fenêtre en direction de la place Saint-Pierre, le 21 février dernier, Bergoglio déclara ceci: «J’en appelle aux consciences de ceux qui gouvernent afin qu’ils parviennent à un consensus pour abolir la peine capitale», peine présentée par cet homme comme contraire au précepte du Décalogue «tu ne tueras pas». Cet enseignement est nouveau, donc faux. En voici les preuves:

  1. Le catéchisme du Concile de Trente, à propos du cinquième commandement du Décalogue «vous ne tuerez point»1, dit ceci, immédiatement après avoir fait observer qu’il est licite de tuer les animaux: «Il est une autre espèce de meurtre qui est également permise, ce sont les homicides ordonnés par les magistrats qui ont droit de vie et de mort pour sévir contre les criminels que les tribunaux condamnent et pour protéger les innocents. Quand donc ils remplissent leurs fonctions avec équité, non seulement ils ne sont point coupables de meurtre, mais au contraire ils observent très fidèlement la Loi de Dieu qui le défend. (…)» Il se réfère à cet extrait du Psaume 100, verset 8, du roi David: «Dès le matin, je songeais à exterminer tous les coupables pour retrancher de la cité de Dieu les artisans d’iniquité.» Or ceci est un texte inspiré par l’Esprit-Saint!
  2. Cette doctrine s’est intégralement maintenue et fut ouvertement affirmée dans l’Eglise jusqu’à Pie XII inclusivement avec, pour point d’appui, ce passage de l’Epître de saint Paul aux Romains: «(…) crains si tu fais le mal, car ce n’est pas pour rien que l’autorité porte le glaive; elle est un instrument de Dieu pour faire justice et pour châtier. Aussi doit-on se soumettre non seulement par crainte du châtiment, mais par motif de conscience.»2
  3. Dans Iota unum, feu le professeur Romano Amerio relève à ce sujet: «On ne peut effacer d’un trait de plume la législation de l’Ancien Testament, qui est une législation de sang.»3
  4. Pie XII a rejeté l’argument des novateurs de son époque affirmant que de telles références doivent être récusées comme autant d’expressions d’une condition historique dépassée. Dans son discours du 5 février 1955 aux juristes catholiques, il déclara notamment que le verset cité ci-dessus de l’épître de saint Paul aux Romains «a une valeur durable et générale, puisqu’il se réfère au fondement essentiel du pouvoir pénal et de sa finalité immanente.»
  5. Enfin, le Christ en personne admit indirectement la légitimité de la peine capitale en cas de scandale particulièrement grave.4

L’opinion énoncée publiquement par Bergoglio n’est toutefois pas nouvelle depuis Vatican II. On peut citer à  cet égard celle de l’épiscopat français qui, en 1979, a également soutenu qu’il fallait abolir la peine de mort, jugée par lui «incompatible avec l’Evangile» (tels furent ses propos); divers articles publiés dans l’Osservatore romano les 22 janvier 1977 et 6 septembre 1978 plaidaient également dans ce sens au motif que la peine capitale serait contraire à l’Evangile.

On le voit, le progressisme chrétien est le meilleur allié des promoteurs de l’insécurité collective, au total mépris des victimes. Mais à  cela s’ajoute une hypocrisie notoire dans ce choix critique à prétexte évangélique: de telles prises de position à l’adresse des autorités civiles n’existent pas en matière d’avortement, d’euthanasie active. L’imposture est manifeste.

Michel de Preux

 

1 Remarquez l’absence de complément direct indiquant la victime de ce crime, qui donc inclut le suicide.

2 Chap. XIII, versets 4 et 5.

3 Nouvelles éditions latines (NEL), Paris, 1987, page 363.

4 Voir l’évangile selon saint Matthieu, chap. XVIII, verset 6.

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