Drôle de coupable

La justice allemande continue à se distinguer. Elle a condamné en juillet un vieillard de nonante-quatre ans, Oskar Gröning, à quatre ans de prison. L'homme était accusé – il avait d'ailleurs avoué, on se demande bien pourquoi – de complicité dans le meurtre de trois cent mille juifs à Auschwitz entre 1942 et 1944. Comment s'y était-il pris? Il avait exercé la fonction de comptable dans l'administration du camp.

Il faut toutefois reconnaître au tribunal qui a condamné ce criminel endurci une certaine mansuétude: quatre ans pour avoir participé à la destruction de trois cent mille personnes, ce n'est pas cher payé, ce d'autant moins que, selon mon quotidien gratuit habituel, le condamné n'a pas été emprisonné et ne le sera probablement pas, compte tenu de son grand âge.

A noter que l'auteur du compte rendu se fait une curieuse idée de la hiérarchie militaire: d'une part, il nous présente Oskar Gröning comme un «ex-soldat SS»; d'autre part, il nous annonce que «son procès (…) pourrait être l'un des derniers d'anciens responsables nazis». Comme si un simple soldat administratif, fût-il SS, avait disposé d'un quelconque pouvoir décisionnel!

Comme les mascarades judiciaires auxquelles elle se livre sont nécessaires à la pérennité du sentiment de culpabilité instillé en permanence à la population allemande, la «justice» de la RFA traîne devant ses tribunaux des gens parfaitement innocents, dont le seul tort est de s'être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment.

Il est vrai que si les accusés se reconnaissent coupables, leurs persécuteurs auraient tort de se gêner.

Mariette Paschoud

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