Ecologisme et barbarie

Lydwine Bruchez est une bergère de trente-quatre ans, qui exerce son activité dans les environs de Sion. En l'espace de quelques jours, son troupeau de moutons a subi trois attaques, de loup très vraisemblablement, dont certaines proches des habitations. Le prédateur semble se moquer du chien de protection comme de l'enclos électrifié.

Résultat: outre les bêtes égorgées, un troupeau de cent cinquante bêtes traumatisé par ces attaques, des bêtes portantes qui avortent à cause du choc subi. Les indemnisations ne couvrent pas les pertes1.

Toute l'absurdité et la barbarie des défenseurs du loup au nom de l'écologie est dans ce récit. Les écologistes adeptes de la réintroduction et de la protection du loup ou du lynx dans nos montagnes n'ont absolument aucune considération pour l'insécurité des troupeaux de bêtes domestiques qui en sont les victimes fréquentes. Ils oublient deux choses: la faune sauvage s'auto-régule dans son propre milieu et avec les qualités propres à chaque espèce sauvage, mais les espèces domestiques, ce qualificatif le dit clairement, sont placées sous la protection de l'homme, qui donc porte la responsabilité de leur maltraitance par quiconque. Celle-ci, au demeurant, est un délit. Certes, les propriétaires de troupeaux agressés par des prédateurs sauvages n'encourent aucune responsabilité s'ils ont pris les précautions requises, ce qui est le cas en l'espèce.

Mais il n'en va pas de même pour les adeptes des mouvements écologiques qui mettent sciemment en danger des animaux domestiques par pure passion idéologique en imposant à nos campagnes la réintégration et la protection d'animaux sauvages disparus. La faiblesse des politiques est à l'origine de cet état de chose, qui heurte la raison, la juste sensibilité humaine à l'égard des souffrances animales, et qui affaiblit considérablement le pouvoir de protection des éleveurs. Un climat de chantage et de mystifications est à l'origine de la situation présente, car on n'a pu en arriver là sans un conditionnement des esprits sciemment organisé par les mouvements écologiques. C'est ce que reconnaît très ouvertement Martin Peltier, cité en exergue, qui dénonce non l'écologie en soi mais son travestissement idéologique, qu'il nomme l'«écologisme»: «Il existe, écrit­il, une désinformation massive sur l'environnement. Les prévisions du Club de Rome, les pluies acides, le trou d'ozone, le réchauffement climatique sont autant de bluffs.» 2 On utilise les peurs – provoquées à dessein – à des fins mondialistes et ceci ne s'impose qu'au prix de la destruction des souverainetés étatiques et des éléments les mieux enracinés dans un terroir, parmi lesquels la paysannerie européenne figure en bonne place.

Non, la réintroduction contrainte du loup dans nos campagnes n'a rien d'écologique au sens propre du terme. Elle est en revanche, avec la protection du loup en l'occurrence, très utile à la déstructuration de la paysannerie dans un dessein global qui échappe au plus grand nombre. L'idéologie dominant ces mouvements soumet l'homme à ce qu'il y a de plus impersonnel dans la nature et, le paradoxe n'est pas mince, au nom d'une prétendue science de la nature dont les fondements sont éminemment contestables. L'écologie idéologique est un mélange de scientisme et d'idolâtrie de la nature érigée en déesse. Les chefs de ces mouvements s'octroient les fonctions rémunératrices et dominatrices d'un clergé nouveau assénant aux foules ses dogmes arbitraires. Pour ces nouveaux tyrans, il est évident que les seuls dogmes à proscrire sont ceux que définit l'Eglise et qui tous ont un rapport direct à la révélation divine. Ces écologistes sont les nouveaux dieux auto-proclamés.

Michel de Preux

 

NOTES:

1 Nouvelliste du 30 novembre 2013, p.13.
2 Op. cit., p. 294

Thèmes associés: Divers - Environnement - Politiques diverses - Société

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