Bricoles

Indifférence

    Si j'en crois la rubrique que mon quotidien gratuit consacre aux célébrités – eh oui! il m'arrive de la lire! –, Johnny Halliday aurait tenu des propos «homophobes», au grand scandale des habituelles associations subventionnées. L'«idole des jeunes» sur le retour aurait tenu sur Canal + ces propos on ne peut plus séditieux: «Alain Delon, c'est un vrai mec de toute façon. Je ne pense pas être un pédé moi non plus hein, bon.» D'accord, ça manque un peu d'élégance, mais c'est somme toute assez bien vu et il n'y a vraiment pas de quoi fouetter un chat.

    Ce qui m'a agacée, c'est le commentaire du plumitif de service: «Un écart de langage qui n'a laissé personne indifférent...»

    Anerie qui ne laissera personne indifférent! (mp)

Austérité

    Selon  Tocqueville Magazine1de Michel de Poncins citant le 21 novembre le journal espagnol La Razon, Georges Papandréou aurait commandé aux USA, avant de quitter le pouvoir, quatre cents chars pour un prix total d'un milliard de dollars. On se perd en conjectures sur les raisons de cette opération réalisée alors que la Grèce était déjà exsangue et dépendante de l'aide internationale, étant bien entendu que l'intègre ancien premier ministre ne saurait en retirer un avantage personnel quelconque, sous forme de commission, par exemple. Sans doute sommes-nous en présence d'une vile calomnie.

Il ne faut pas croire une seule minute non plus que les politiciens européens de toutes nationalités qui refusent de renoncer, histoire de manifester leur solidarité avec le pauvre peuple soumis aux rigueurs de l'austérité, à certains privilèges, notamment matériels, sont animés par l'égoïsme ou par l'esprit de lucre. Il est évident qu'une diminution, même modeste, de leurs prébendes les mettrait dans l'impossibilité de servir correctement la nation. Leur démarche est donc «citoyenne», généreuse, désintéressée et empreinte de noblesse.

Cessez de rire, là-bas au fond! (mp)

1 www.libeco.net

Au chevet du malade

    Un pédophile récidiviste doit répondre de trois viols alors qu'il avait purgé, il y a quelques années, une peine de deux ans et demi pour des faits similaires. Sa «dette à la société» payée, l'intéressant personnage avait suivi pendant cinq ans un traitement psychiatrique ambulatoire qui devait l'aider à réfréner ses pulsions pédophiles. Las! Le succès n'était pas au rendez-vous – ce qui ne m'étonne qu'à moitié – et trois fillettes ont fait les frais de la surévaluation des bienfaits de la psychiatrie.

    Il paraît que le prévenu, balbutiant, a exprimé sa honte. Ça nous fait – ça leur fait, à ces pauvres gamines – une belle jambe!

On ne sait trop à quoi le repenti va être condamné, car le tribunal a ordonné un complément d'expertise. Pourquoi ce complément? Parce que le psychiatre, n'ayant pas eu accès à la totalité du dossier, n'a pas pu dire s'il serait opportun d'ordonner par la suite un internement ou, au contraire, un traitement ambulatoire!

En attendant, l'accusé – dont on nous tait soigneusement le vrai nom, contrairement à ce qui se passe avec les mal-pensants – reste en détention préventive.

Je trouve qu'on devrait en profiter pour les lui couper!

Honnête homme

    Jacques Chirac a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics notamment. Il conteste le jugement mais ne fera pas appel, car, au-delà du besoin d'apaisement exigé par le respect des institutions et alors qu'aucune faute ne saurait lui être reprochée, ainsi qu'il «l'affirme avec honneur», il n'a plus «toutes les forces nécessaires pour mener (…) le combat pour la vérité». Dame, n'est pas Faurisson qui veut!

    Comme un jugement de tribunal ne saurait soutenir la comparaison avec celui du peuple, le malheureux incompris s'en remet à ses anciens administrés, qui savent bien qu'il est – c'est toujours lui qui le dit – «un homme honnête qui n'a jamais eu d'autres exigences et d'autres combats que la cohésion entre tous les Français, la grandeur de la France et l'action pour la paix». Roulez tambours!

J'ai toujours cru que Jacques Chirac était un personnage médiocre et peu regardant quant au choix des moyens de faire son trou dans le fromage politique. Dieu me pardonne! Je me suis trompée… comme les juges.

M.P.

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