Ecole à la dérive

Les cantons suisses ne sont plus maîtres de leurs écoles. A force de créer des organes intercantonaux chargés d’assurer la cohérence et l’harmonisation des systèmes et des programmes, on en est arrivé à une centralisation des exigences en matière scolaire, notamment en matière de reconnaissance des maturités gymnasiales, singulièrement de la durée des études postobligatoires conduisant à ces maturités.

Le Conseil fédéral et la Conférence des directeurs de l’instruction publique s’étant acoquinés pour fixer cette durée à quatre ans, et les autorités vaudoises étant trop molles pour résister longtemps au diktat, c’est la panique à la rue de la Barre, siège du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle1.

Comme on ne peut pas simplement ajouter au gymnase une année dont on ne sait que faire, la loi sur l’enseignement obligatoire doit être révisée. Il faut tout chambouler une nouvelle fois. Pas moins d’une quinzaine de projets se disputent les faveurs des réformateurs.

On s’interroge sur la durée de l’enseignement obligatoire, sur l’utilité des filières ou sur l’opportunité de retarder encore l’âge de l’orientation des écoliers.

On crée des quantités de groupes de travail, on consulte les syndicats, les directions d’établissements, les associations de parents d’élèves, les hautes écoles et les universités.

Bref, on s’agite beaucoup, mais on ne voit pas le vrai problème.

Le vrai problème, c’est que l’école est soumise depuis des décennies à une idéologie égalitariste qui lui fait perdre de vue les besoins réels des élèves et choisir la fuite en avant chaque fois qu’elle doit constater l’échec, pourtant prévisible, de ses buts et de ses méthodes. Il en résulte un désordre, dans lequel les cantons s’engluent en raison d’harmonisations prétendument nécessaires aux besoins d’une société théoriquement bougillonne, mais en réalité plutôt sédentaire.

Le jour où les cantons retrouveront leur souveraineté en matière d’école, où les chefs de départements prétendument de droite cesseront d’appliquer les recettes de la gauche, où la qualité de l’enseignement reprendra le pas sur les grandes théories pédagogistes, où les écoliers apprendront de nouveau à écrire correctement et à aimer lire ailleurs que sur leurs tablettes ou leurs téléphones, où on laissera l’éducation sexuelle, la lutte contre le racisme et autres nobles causes aux familles, il sera possible de rappeler à Berne que les systèmes scolaires ne sont pas une affaire fédérale et que les cantons peuvent décider de la durée des écoles de maturité sur leurs territoires.

I have a dream…

M. P.

https://www.20min.ch/fr/story/ecole-vaudoise-ils-planchent-pour-imaginer-le-gymnase-en-quatre-ans-103499944

Thèmes associés: Ecole - Egalité, discriminations - Politique vaudoise

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