Redevance

La Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR), service public, c’est sept chaînes de télévision et quatorze chaînes de radio, sans compter la plateforme en ligne Playsuisse.

Cette offre pléthorique s’explique en partie par la nécessité de desservir les quatre régions linguistiques de notre pays.

Pour financer ses activités et payer son personnel, la SSR dispose de diverses recettes, notamment publicitaires, mais surtout de la plus grosse part du produit de la redevance radio et télévision prélevée chaque année par la Confédération, qui lui rapporte 1,3 milliard par année environ (chiffre de 2024). La redevance actuelle se monte à 335 francs par ménage et varie pour les entreprises en fonction de leur chiffre d’affaires.

Le 8 mars, les citoyens suisses devront se prononcer sur l’initiative populaire «200 francs, ça suffit! (initiative SSR)», qui vise non seulement, comme son intitulé l’indique, à abaisser sensiblement le montant de la redevance, mais aussi à en exonérer les entreprises.

Selon une déplorable habitude, le Conseil fédéral, avec l’aval du Conseil national et du Conseil des Etats, tente de court-circuiter l’initiative en proposant un contre-projet consistant à diminuer la redevance en deux fois pour la fixer à 300 francs dès 2029, et à augmenter le montant du chiffre d’affaires à partir duquel les entreprises y seront assujetties.

On se trouve devant l’alternative suivante:  ou bien la Suisse a besoin d’un service public, en l’occurrence la SSR, pour assumer une mission de toute première importance au service de «la cohésion entre les différentes parties du pays», en permettant «l’existence d’opinions variées», et en reflétant «la réalité suisse à l’échelle du pays et des régions linguistiques (…) dans tous les domaines touchant la population: politique, culture, économie, société, sport ou divertissement»1; ou bien elle n’a pas besoin d’un tel service. Dans le premier cas, il faut donner à la SSR des moyens considérables et cesser de lui rogner les ailes à tout bout de champ. Dans le second, il faut carrément renoncer au service public.

L’initiative et le contre-projet sont donc également inopportuns.

Toutefois, de deux maux, il faut choisir le moindre. D’autre part, j’ai eu l’occasion de constater qu’on ne peut pas faire confiance au service public.

Je voterai donc OUI à l’initiative «200 francs ça suffit!»

Mariette Paschoud

1 https://www.srgssr.ch/fr/ce-que-nous-faisons/democratie/cohesion-et-echange.

Thèmes associés: Médias - Politique fédérale

Cet article a été vu 12 fois

Recherche des articles

:

Recherche des éditions