L’autre neutralité
Le comité d’initiative pour un fonds climat prône une augmentation des moyens mis à disposition de la Confédération en vue de lutter contre le réchauffement climatique et de protéger la biodiversité.
Sur le papier, une grande et belle idée. Malheureusement, comme de coutume avec la gauche, largement représentée dans le comité d’initiative, la question du financement reste un mystère. Et si ce détail de la mise en œuvre n’est pas pris en compte, il est clair qu’en cas d’acceptation il y aurait deux options: réduire un autre poste du budget ou augmenter l’endettement. C’est cette deuxième option qui est visiblement envisagée, dans la mesure où le texte de l’article 197 chiffre 15 réglant la disposition transitoire du nouvel article 103a indique que le fonds ad hoc alimenté par la Confédération jusqu’à concurrence de 1% du PIB n’est pas comptabilisé dans le plafond des dépenses totales qui doivent être approuvées dans le budget au sens de l’art. 126, al. 2. Il ne sera donc pas soumis aux règles du frein à l’endettement.
Les écologistes argumentent qu’il faut investir maintenant pour ne pas devoir dépenser plus demain, ce qui ne serait en soi pas faux si la Suisse pouvait exercer une influence déterminante sur le changement climatique à l’intérieur de ses frontières. Mais, comme c’était le cas pour le nuage radioactif de la catastrophe de Tchernobyl, les phénomènes météorologiques se moquent des frontières. En admettant que l’être humain soit l’unique responsable du changement climatique, tant que les grands producteurs de CO2 de la planète ne se seront pas mis au travail sérieusement, les Suisses pourraient bien parvenir à éliminer totalement la production de gaz à effet de serre en 2027 que cela n’aurait aucune conséquence positive.
Il est plus sage de travailler à encourager les investissements privés et d’éviter les dépenses publiques généralement moins efficaces. En ce qui nous concerne, nous sommes attachés à la neutralité armée, pas carbone.
Mi. P.
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