Une initiative inadéquate

Le 9 juin, les citoyens suisses devront se prononcer sur l’initiative populaire «Pour la liberté et l’intégrité physique», entre autres objets.

Personne ne garde un bon souvenir de la pandémie de Covid-19.

Ce n’est pas le lieu ici de revenir sur l’opportunité des mesures imposées à la population par le Conseil fédéral. Il faut d’ailleurs reconnaître que ces mesures furent relativement bénignes par comparaison avec celles qui furent introduites dans d’autres pays, comme la France et l’Espagne.

Les temps furent particulièrement difficiles pour les personnes rebelles à la vaccination, qui durent non seulement assumer les conséquences sociales, familiales ou professionnelles de leur choix, ce qui est normal, mais aussi subir pendant des mois l’ostracisme, voire les insultes, de vaccinés terrorisés, ainsi que la culpabilisation entretenue, via la presse, par les «experts» et leurs statistiques.

C’est dans ce contexte de pression psychologique que fut lancée, en décembre 2020, l’initiative populaire «Pour la liberté et l’intégrité physique», dite aussi «Stop à la vaccination obligatoire», déposée à la Chancellerie fédérale le 16 décembre 2021, soit douze mois après le début l’opération, munie de 125'015 signatures valables – un joli succès quand on sait qu’une initiative populaire bénéficie d’un délai de dix-huit mois pour obtenir 100'000 signatures.

Le texte constitutionnel proposé par le Mouvement de liberté suisse (MLS) est le suivant:

Art. 10, al. 2bis

2bis Les atteintes à l’intégrité physique ou psychique d’une personne requièrent son consentement. Si la personne concernée refuse de donner son consentement, elle ne doit ni se voir infliger une peine, ni subir de préjudices sociaux ou professionnels.

Ce texte est beaucoup trop vague et pourrait faire l’objet d’interprétations qui permettraient de le rendre inopérant. En effet, comme le fait remarquer le Conseil fédéral1, sa mise en œuvre dépendrait des parlements, des tribunaux, et d’autres autorités aux niveaux fédéral, cantonal et communal.

D’ailleurs, il n’indique pas le véritable objectif de l’initiative, bien plus précis, tel qu’exprimé par les auteurs dans leur argumentation, à savoir que ni la politique, ni l’industrie pharmaceutique, ni les orga­nisations internationales ne doivent pouvoir décider de porter atteinte à notre corps, qu’il s’agisse d’une puce sous-cutanée, de nanoparticules, d’une manipulation génétique, d’un vaccin ou de quoi que ce soit (…)2.

Je rappelle en outre que l’article 10 Cst. prévoit (al. 1) que tout être humain a droit à la vie, ce qui n’empêche nullement la perpétration dans notre pays de plus de onze mille avortements par année. On peut donc éprouver quelque scepticisme quant à la volonté des autorités d’appliquer la Constitution.

Enfin, si je pense aussi que le refus d’un consentement à un vaccin ou à quelque autre manipulation opérée sur le corps ne doit pas être puni, il me paraît que les préjudices sociaux ou professionnels doivent être supportés. Les premiers paraissent inévitables, car ils relèvent souvent de comportements ou de peurs irrationnels. Quant aux seconds, ils dépendent d’employeurs qui devraient pouvoir fixer, dans les limites du droit du travail, les règles auxquelles leurs salariés doivent se soumettre.

Je voterai NON à l’initiative du MLS. En revanche, j’approuverai tous les efforts qu’il déploiera pour éviter que la Suisse ne se soumette aux pressions de l’Organisation mondiale de la santé, des idéologues de Davos ou des fabricants de vaccins.

Mariette Paschoud

 

1 Explications du Conseil fédéral, p. 34.

2 Ibid., p. 36.

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Ethique - Politique fédérale - Société

Cet article a été vu 471 fois

Recherche des articles

:

Recherche des éditions