L'Eglise réformée s'interroge

On trouve dans 24 heures du lundi 24 janvier un ébouriffant article intitulé Faut-il démasculiniser Dieu, se demande l'Eglise? L'auteur est un dénommé Lucas Vuilleumier de Protestinfo1.

Le problème? «Les femmes ne peuvent pas se reconnaître et inclure leur réalité féminine dans leur vie de foi si Dieu n'est que masculin», explique une «pasteure» du nom de Laurence Mottier.

C'est pourquoi, «à Genève, des pasteurs travaillent actuellement à neutraliser “Notre Père” jusqu'à envisager de le caractériser par le pronom “iel”», dont chacun sait qu'il vient d'entrer dans le Petit Robert.

S'ajoutent à ces ministres apôtres du non-genre une cohorte de psychologues, linguistes et théologiens, sans oublier le répondant ecclésial de l'Eglise protestante de Genève pour les questions LGBTIQ+, Adrian Stiefel, qui s'illustre particulièrement en déclarant tout uniment: «Si Dieu est masculin, il est mâle, et donc le mâle est Dieu.» Avec ce genre de sophisme, on peut dire n'importe quoi, par exemple: «Si une bonne sœur est féminine, elle est femelle, et donc la femelle est bonne sœur.» C'est d'un sérieux!

La pseudo-Eglise évangélique réformée de Suisse (EERS) n'est pas partie prenante dans cette mascarade, mais elle sympathise – évidemment! – et profite de l'occasion pour rappeler, dans le jargon ecclésial en vogue chez les clercs et laïcs d'avant-garde, qu'elle vient de produire un document prônant l'emploi de «la langue inclusive en Eglise».

L'article donne un peu l'impression que toutes les Eglises réformées cantonales, tous les pasteurs et tous les protestants engagés de ce pays sont avides de dégenrer Dieu. Il n'en est rien, heureusement. Toutefois, il faut être vigilant: on commence par neutraliser, puis on «intersectionnalise». Et ça risque de donner des réécritures surprenantes:

En fait, Marie était fiancée à Joseph, un homme noir transgenre initialement prénommé Joséphine. Elle avait recouru aux services de trois magesses non binaires venues d'Orient pour une PMA destinée à hâter un mariage qui tardait à se concrétiser. Elle accoucha d'une ravissante petite fille que Joseph et elle prénommèrent Josette et qui, arrivée à l'âge de trente-trois ans se mit à semer la zizanie en Galilée et en Judée en prétendant être fille de Dieue, ce qui lui valut d'être arrêtée. Tout cela se termina très bien, car la préfète homosexuelle de Judée Poncette Pilate avait le sens de l'humour et n'aimait pas se laver les mains. Une fois relâchée, Josette rentra chez sa maman et personne ne fut sauvé.

C'est-y pas plus joli comme ça?

Mariette Paschoud

 

1 D'après son site, «Protestinfo est une agence de presse spécialisée dans l'actualité des Eglises réformées de Suisse romande. Elle diffuse une information libre et loyale touchant également aux questions d'éthique, de société et de spiritualité».

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Religion

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