La valse des chiffres

Il est intéressant de penser que l’invention des chiffres et des mathématiques, dont l’objectif a toujours été de simplifier et de clarifier, a donné aux hommes et aux femmes politiques le plus merveilleux outil de désinformation: la statistique.

Tout récemment, on a compté d’abord les hospitalisations et les morts, puis, lorsque les hôpitaux se sont vidés, on a cessé d’en parler et on a compté les malades, puis les positifs aux anticorps; le tout largement illustré de graphiques terrifiants et de courbes exponentielles pour bien nous faire comprendre que l’apocalypse, c’est pour demain et qu’il n’y a pas lieu de s’occuper de quoi que ce soit d’autre.

Les statistiques et les courbes exponentielles de l’endettement public, celle plongeante du niveau scolaire, celles du chômage et de la corruption n’ont pas la moindre importance.

S’en occuperait-on, d’ailleurs, que l’on pourrait parfaitement les maquiller pour les faire paraître inoffensives. L’échelle que l’on va utiliser permettra de faire changer l’aspect du graphique du tout au tout. Les couleurs également jouent un rôle essentiel dans l’impact qu’aura une image. Rappelez-vous les cartes de la météo rouge sang pour illustrer à quel point le réchauffement climatique était démontré, alors que les mêmes cartes en vert, quelques années auparavant, nous indiquaient simplement que nous allions avoir un bel été et que les plages seraient pleines.

Méfions-nous comme de la peste des politiciens qui brandissent des graphiques: leurs arguments ne sont probablement pas assez solides pour se soutenir par eux-mêmes.

Michel Paschoud

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