Menace totalitaire

«Omnis potestas a Deo»
Saint Paul, Epître aux Romains (13,1)

Ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis mérite une réflexion sur l’amoralité foncière du droit moderne. Celui-ci récuse toute discrimination entre races au nom d’une reconnaissance justifiée de la nature humaine. Toutefois, des différences de traitement sur des points secondaires sont justifiables à condition qu’elles ne mettent pas en cause l’universalité des droits fondamentaux de la personne humaine.

Mais parlons maintenant du fœtus de l’homme. Celui-ci n’a pas encore la qualité de personne, qui n’est acquise qu’à sa naissance accomplie. Cependant, il est déjà un être humain ayant en cette qualité droit à sa propre naissance. Voilà pourquoi le droit naturel distingue deux formes de crime: le meurtre et l’avortement.

Ce que l’on tait généralement, chez les partisans de la décriminalisation de l’avortement, c’est qu’ils nient cette qualité d’être humain au fœtus de l’homme. Ils vont plus loin encore: ils affirment que la femme a le droit de disposer de son propre corps! Ceci n’est pas autre chose qu’une forme de négationnisme.

La démocratie moderne est incapable de donner un autre statut à cette position que celui d’opinion. Voilà l’impasse et voilà le scandale!

Si le pouvoir, tout pouvoir, doit émaner de l’opinion une fois devenue majoritaire dans une société donnée, nous sombrons dans une forme de totalitarisme. Tout pouvoir doit par nature être assujetti à des normes morales transcendantes et universelles, faute de quoi il n’échappe pas au grief de tyrannique. L’opinion érigée en absolu parce que majoritaire dans une société donnée garde son statut d’opinion. La démocratie moderne l’érige en loi. En cela, la démocratie moderne est bien un régime politique totalitaire.

Michel de Preux

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Ethique - Religion

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