Editorial

La Municipalité de Lausanne promeut le féminisme1, ce qui n’est pas étonnant, compte tenu de sa composition. Elle s’apprête, pour complaire aux ultra-féministes, à baptiser des espaces publics qui n’avaient pas de nom officiel jusqu’ici. L’espace situé devant l’église Saint-Laurent deviendra la place du 14-juin – grève des femmes oblige –, une dizaine de lieux publics actuellement anonymes porteront le nom de «personnalités féminines locales» et cinq plaques commémoratives seront dédiées à des Lausannoises. Ça promet de beaux crêpages de chignons quand il s’agira de désigner les heureuses bénéficiaires de ces mesures démagogiques.

Il faudra ensuite veiller à ce que les noms de lieux féminins soient au moins aussi nombreux que les noms de lieux masculins et même plus nombreux, afin de compenser les avanies subies par les femmes dans le passé. Il faudra aussi envisager de faire sculpter des statues de femmes, afin que le major Davel, Alexandre Vinet, le général Guisan et Guillaume Tell se sentent moins seuls. Certes, nous avons l’Aurore, la «justice», la Belgique reconnaissante et une ou deux autres, mais toutes sont assurément entachées de «stéréotypes de genre».

Tout cela finira par coûter une fortune et ce d’autant plus que la municipalité de Lausanne, toujours prodigue de l’argent du contribuable, compte commander une «œuvre d’art» consacrée à l’égalité entre hommes et femmes ou aux droits des femmes. On se réjouit de pouvoir comparer ces chefs-d’œuvres avec les réalisations des sculpteurs soviétiques.

S’il n’est pas au pouvoir des Lausannois de faire cesser entièrement cette absurdité, ils devraient au moins s’opposer aux initiatives toponymiques de la Municipalité. On peut, à peu de frais, réaliser l’égalité hommes-femmes en ce qui concerne les noms des places et des rues de la capitale vaudoise en supprimant purement et simplement toutes les plaques portant les patronymes et prénoms de célébrités locales ou plus lointaines. Il y en a moins de cinquante. C’est bien le diable si on ne trouve pas une cinquantaine de noms de fleurs, d’arbres, d’objets, d’animaux, voire de produits comestibles, pour les remplacer. Faisons preuve d’imagination. Osons, comme on dit maintenant, l’avenue de l’Anémone, la promenade du Sapin, la place de la Camomille, la rue du Chèvrefeuille, la ruelle de la Soupière, le passage des Quatre-fromages, le chemin des Coccinelles et l’escalier du Colimaçon.

Ce sera indéniablement plus poétique qu’une avenue Yvette Jaggi ou une rue Anne-Catherine Lyon.

Mariette Paschoud

 

1 20 minutes du 3 mars.

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Politique vaudoise

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