Editorial

La protection des minorités sexuelles opprimées dans les WC ayant été largement traitée dans ce numéro, je me contenterai de montrer à quel point on peut sombrer dans l’absurde au nom d’une autre protection érigée en religion, celle de l’environnement.

Certes, je suis comme tout le monde désireuse de collaborer à la protection de la planète, de sa faune et de sa flore. Qui ne le serait pas? Mais il faut cesser de faire n’importe quoi et d’empoisonner la vie des gens sous couleur d’écologie, sans autre résultat que le passage d’un mal à un autre.

Le samedi 18 et le dimanche 19 janvier, pendant les Jeux olympiques de la jeunesse, devaient avoir lieu à Lausanne, dans le cadre du festival Lausanne en Jeux, des matches de volley ball sur neige1. Soucieux de respecter l’environnement, les organisateurs, notamment la Fédération internationale de volley ball (FIVB), avaient prévu d’utiliser de la neige entièrement recyclée, «en collaboration avec des patinoires locales ainsi que d’autres infrastructures». Tout le monde s’était donc décarcassé pour offrir aux Lausannois, à la place de l’Europe, un spectacle aussi écologique que possible.

Las! Quelques jours avant l’événement, le mardi 14 janvier, «le souhait [a] été exprimé (…) auprès de la FIVB de purement annuler le Snow Volleyball Festival». Pourquoi? Je vous le donne en mille: «Cette suggestion a été faite dans le but d’éviter de heurter les sensibilités qui pourraient être émises par certains.»

Bien qu’exprimée dans un français déplorable, la réalité est là: un dictateur, probablement multicéphale et très certainement climato-fanatique, dont on n’ose pas nous révéler le nom, se permet de donner des ordres, à moins qu’il ne s’agisse de chantage, à des instances sportives, mais aussi politiques – les matches n’auraient pas pu être organisés sans l’aval des autorités lausannoises – lesquelles bastent! Bien sûr, au lieu de supprimer purement et simplement cet événement citadin, elles trouvent un compromis en l’expédiant à la montagne. Ça fera moins culottes baissées. Il n’en reste pas moins qu’elles cèdent, sans se soucier le moins du monde de la sensibilité des amateurs de volley lausannois ni de la pollution engendrée par le déplacement à Bretaye des plus fervents d’entre eux.

Le 17 janvier, soit la veille des premiers matches de volley, avait lieu en ville de Lausanne une nouvelle grève du climat, en présence de l’inévitable Greta. Nombre de Lausannois auraient sans doute été heureux de voir «purement annuler» cette nuisance, dans le but de ménager leurs sensibilités.

Mais les Lausannois sont là pour payer et se taire.

Mariette Paschoud

 

1 https://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/Evenement-deplace-pour-eviter-des-critiques-24325730.

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Environnement - Politique vaudoise - Sports

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