Socialisme

Les transports aériens sont dans le collimateur des politiciens suisses, qui toutes tendances confondues ou presque, prennent peu à peu une teinte verdâtre. C’est ainsi que les billets d’avion seront prochainement taxés, au nom de la protection du climat. On espère ainsi abaisser le nombre de vols et, par conséquent, les méfaits du kérosène, émetteur de CO2.

Ça peut marcher si on trouve un moyen de transport moins polluant, mais également moins cher et aussi performant que l’avion. Dans le cas contraire, les gens continueront à s’envoler, à l’exception des plus désargentés, qui, maintenant déjà, ont tendance à ne pas s’éloigner beaucoup de chez eux. Tout bien considéré, la mesure, qui, nous dit-on, a le mérite de ne pas être un impôt, mais une taxe incitative – évidemment, pour l’assujetti, ça change tout! –, risque fort de n’être qu’un coup d’épée dans l’eau. Mais elle a été votée par les deux Chambres à une majorité telle qu’on ne peut pas s’en prendre à un parti plutôt qu’à un autre. Il nous faudra donc passer – ou pas – à la caisse en ronchonnant à la cantonade.

Cette nouvelle attaque contre le porte-monnaie des voyageurs ne suffit pas au conseiller national socialiste vaudois Roger Nordmann, qui préconise, pour  tous les résidants de Suisse, un quota de kilomètres pouvant être parcourus en avion chaque année1. Sachant néanmoins que la mise en œuvre cette brillante idée constituerait une sérieuse atteinte à la liberté de déplacement des habitants de notre beau pays, M. Nordmann propose un correctif: «Une fois la limite atteinte, un voyageur qui voudrait voler encore pourrait acheter son quota à un autre citoyen qui ne l’utiliserait pas.»1

Notre conseiller national ne nous dit pas quel monstre administratif – forcément étatique, puisque voulu par un socialiste – devrait être mis en place pour contrôler la consommation aérienne des habitants de la libre Helvétie, organiser et réguler le marché des quotas aériens. Une chose est sûre: si les vendeurs de quotas inutilisés pourront y trouver leur compte, il y a gros à parier que seuls les candidats au voyage pourvus de solides moyens financiers seront à la fois désireux et en mesure de se payer un ou plusieurs quotas supplémentaires.

Ça, c’est du socialisme!

M. P.

 

1 https://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Apres-la-taxe--des-quotas-annuels-de-kilometres-28245825.

Thèmes associés: Economie - Environnement - Politique fédérale

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