L’exploitation des enfants se porte bien

PolluxLe Pamphlet n° 487 Septembre 2019

Nous avons retrouvé sur un coin de notre bureau quelques notes manuscrites que nous avions griffonnées il y a une année exactement. Elles étaient consacrées à l’actualité du moment, telle que la presse nous la présentait:

En Suède, une jeune écolière manifeste devant le Parlement pour obliger les politiciens à «faire quelque chose pour le climat». En Australie, une petite fille blanche refuse de se lever pendant l’hymne national, afin de «protester contre le racisme». L’exploitation des enfants se porte bien…

Nous sourions en relisant ce papier. Il faut croire que le racisme est devenu moins préoccupant que le réchauffement climatique, car la petite Australienne a disparu du jour au lendemain, tandis que Greta Thunberg a été propulsée au rang de phénomène mondial en quelques mois seulement.

On accuse volontiers les dictateurs – Hitler, Staline ou Kim Jong-un – de s’entourer de petits enfants pour se créer une image artificiellement flatteuse. La réalité est que tout le monde agit ainsi: les politiciens les plus démocrates, lorsqu’ils veulent attendrir nos bulletins de vote; les médias les plus conformistes, lorsqu’ils veulent créer nos émotions (rappelez-vous le petit Aylan étendu sur une plage, ou les enfants blessés portés par les «casques blancs» syriens); les ONG et autres lobbies militant pour le congé-paternité, pour l’agriculture durable, pour le commerce équitable et pour la paix dans le monde; et bien sûr les publicités qui espèrent convaincre les parents d’acheter tel modèle de voiture, telle police d’assurance, tel produit de lessive ou telle marque de dentifrice. A chaque fois, on nous montre de mignons petits enfants – parfois un peu moins mignons lorsqu’ils doivent correspondre aux standards ethnico-vestimentaires modernes. Dans le meilleur des cas, on ne leur impose qu’un shooting photo avant d’exploiter leur image à des milliers d’exemplaires. Dans les cas les plus choquants, on les brandit à moitié estropiés, comme le font les mendiants, ou alors on les promène à travers le monde sur un voilier zéro carbone pour les exhiber dans des grand-messes médiatiques.

Ces procédés ne nous paraissent pas très éthiques. Mais ils donnent de bons résultats: là où de vieux scientifiques barbus ont échoué, une jeune fille qui courbe l’école réussit à faire des miracles. Et puis, à notre connaissance, la Convention internationale des droits de l’enfant ne trouve rien à redire à tout cela.

Heureusement, certains s’abstiennent encore de recourir à ce marketing infantile. Ce sont généralement ceux qui ont de bons produits à vendre, ou de bonnes idées politiques à proposer. Faut-il s’en réjouir ou le regretter?

Pollux

Thèmes associés: Divers - Environnement - Ethique - Jeunesse - Politiques diverses - Société

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